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· Il avait 31 ans : le drame du chemsex
Le chemsex lui a pris son mari : le combat de Jean-Luc Romero
Au programme
Le chemsex désigne la consommation de substances psychoactives dans un contexte sexuel. Cette pratique, encore mal connue du grand public, peut entraîner des conséquences importantes sur la santé physique et mentale, ainsi que sur la vie sociale.
Dans cet épisode de l'HappyGayTV Show, Jean-Luc Romero et Fred Bladou abordent ce sujet sans tabou.
Tu découvriras notamment :
- Comment Jean-Luc Romero a réussi à se reconstruire après la disparition tragique de son mari Christophe Michel.
- Pourquoi certaines personnes se tournent vers le chemsex et ce que cette pratique leur apporte au départ.
- Les explications de Fred Bladou sur les liens entre souffrance psychologique, sexualité et consommation de produits.
- Pourquoi les spécialistes de terrain réclament aujourd'hui une évolution des politiques de prévention.
- Les dangers réels du chemsex et les moyens de réduire les risques.
Une émission profondément humaine qui apporte des réponses nuancées à un sujet souvent caricaturé.
Il y a des émissions que l'on regarde.
Et puis il y a celles qui continuent à nous accompagner longtemps après le générique.
L'entretien que nous vous proposons aujourd'hui appartient à cette seconde catégorie.
Parce qu'il est question de chemsex.
Parce qu'il est question d'amour.
Parce qu'il est question de deuil.
Mais surtout parce qu'il est question d'êtres humains.
Dans cette émission exceptionnelle, Jean-Luc Romero accepte de revenir sur l'une des épreuves les plus douloureuses de son existence : la disparition brutale de son mari, Christophe Michel, décédé à seulement 31 ans lors d'une séance de chemsex.
À ses côtés, Fred Bladou, sexologue, addictologue et spécialiste reconnu des usages sexualisés de drogues, apporte un éclairage particulièrement précieux sur un phénomène encore mal compris du grand public.
Le résultat est un échange rare.
Un échange qui informe.
Qui interroge.
Qui bouleverse parfois.
Et qui nous rappelle qu'avant les statistiques, les débats et les polémiques, il y a toujours des vies humaines.
Même si vous pensez ne pas être concerné par le sujet, nous vous invitons à regarder cette émission jusqu'au bout.
Car certaines réponses apportées par nos invités risquent de vous surprendre.
Et si cette émission vous touche, vous interpelle ou vous fait réfléchir, sachez que la conversation ne s'arrête pas à cette page.
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Les témoignages sélectionnés sont ensuite publiés dans l'espace réservé aux membres du Club HappyGayTV, où chacun peut découvrir les réactions des autres spectateurs et poursuivre les échanges.
Et parfois, certaines questions ou certains témoignages donnent naissance à de nouveaux épisodes de l'émission HappyGayTV & You, dans lesquels nous prenons le temps d'y répondre plus en détail.
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Et comme toujours sur HappyGayTV, ne quitte pas la vidéo avant le générique de fi : une dernière surprise t'attend juste après.
Quand le chemsex bouleverse une vie
Le 29 mai 2018, la vie de Jean-Luc Romero bascule.
Alors qu'il est en déplacement, il apprend que son mari Christophe Michel a disparu.
Les heures qui suivent sont marquées par l'inquiétude.
Puis par l'incompréhension.
Puis par l'effondrement.
La vérité finit par apparaître : Christophe est décédé lors d'une session de chemsex.
Il n'avait que 31 ans.
Mais au cours de notre entretien, Jean-Luc Romero ne se contente pas de raconter une tragédie.
Il évoque aussi les questions qui continuent de l'habiter.
Les zones d'ombre.
Les interrogations.
Les blessures invisibles que laisse parfois une disparition aussi brutale.
« Pour le reste, je n'avais pas le choix : soit je continuais, soit je m'effondrais. »
— Jean-Luc Romero
Cette phrase résume à elle seule une partie de son parcours.
Car malgré la douleur, Jean-Luc Romero a choisi d'avancer.
De continuer à vivre.
Et surtout d'agir.
Qui est Jean-Luc Romero ?
Beaucoup connaissent Jean-Luc Romero pour son engagement politique.
Mais son parcours dépasse largement ce cadre.
Premier responsable politique français à avoir révélé publiquement sa séropositivité, militant historique de la lutte contre le VIH, fondateur d'Élus Locaux Contre le Sida, ancien président de l'Association pour le Droit à Mourir dans la Dignité, il a consacré une grande partie de sa vie à défendre les personnes les plus vulnérables.
Son histoire personnelle a souvent croisé les grands combats de société.
Et depuis la disparition de Christophe Michel, un nouveau combat s'est imposé à lui : celui de la prévention autour du chemsex et de la réduction des risques.
Dans l'émission, il évoque avec beaucoup de sincérité les années de bonheur vécues avec Christophe.
Une histoire d'amour qu'il refuse de voir résumée à sa fin tragique.
Le chemsex : de quoi parle-t-on exactement ?
Le mot chemsex est aujourd'hui de plus en plus connu.
Mais sait-on vraiment ce qu'il recouvre ?
Comme l'explique Fred Bladou, le chemsex désigne la consommation volontaire de certaines substances psychoactives dans un contexte sexuel.
Les motivations sont multiples.
Recherche de plaisir.
Désinhibition.
Exploration de nouvelles sensations.
Sentiment de liberté.
Recherche d'une connexion particulière avec soi-même ou avec les autres.
Pour beaucoup de personnes concernées, l'objectif initial n'est pas de se mettre en danger.
Bien au contraire.
Et c'est précisément ce qui rend le sujet si complexe.
Les dangers du chemsex
Pour autant, les risques existent bel et bien.
Les principaux risques associés au chemsex
- Dépendance
- Perte de contrôle
- Surdoses
- Troubles psychologiques
- Isolement social
- Violences
- Accidents cardio-respiratoires
- Risques liés aux mélanges de substances
Comme le rappelle Fred Bladou dans l'émission, certaines pratiques peuvent mettre l'organisme à rude épreuve, notamment lors de sessions qui s'étendent sur plusieurs jours.
Il insiste également sur une réalité que personne ne devrait minimiser :
« La drogue n'est jamais la solution aux souffrances. »
— Fred Bladou
Une phrase simple.
Mais qui résume une grande partie des enjeux abordés dans cette émission.
Pourquoi la communauté gay est-elle particulièrement concernée ?
C'est probablement l'une des séquences les plus éclairantes de l'entretien.
Et sans doute celle qui surprendra le plus grand nombre.
Fred Bladou nous invite à dépasser les idées reçues.
À regarder au-delà des produits.
À s'intéresser aux parcours de vie.
Aux discriminations.
Aux blessures.
Aux mécanismes parfois invisibles qui influencent les comportements.
« Le chemsex est une sorte d'automédication, malheureusement dangereuse. »
— Fred Bladou
Cette réflexion ouvre un champ de compréhension beaucoup plus vaste.
Elle nous rappelle que certaines souffrances peuvent parfois prendre des formes inattendues.
Et qu'aucune politique de prévention efficace ne peut ignorer cette réalité.
Une question de santé publique
Au cours de l'émission, Jean-Luc Romero revient également sur les circonstances qui ont entouré le décès de Christophe.
Certaines révélations sont particulièrement troublantes.
Elles soulèvent des questions importantes concernant la prévention, la réduction des risques et l'accès aux secours.
Sans dévoiler ici les éléments abordés dans l'entretien, disons simplement que plusieurs passages méritent toute votre attention.
Car ils permettent de mieux comprendre pourquoi certains acteurs de terrain demandent aujourd'hui une évolution des approches en matière de santé publique.
Une émission qui ne juge personne
HappyGayTV, comme à son habitude, préfère toujours comprendre plutôt que condamner.
Le chemsex est un sujet complexe.
Parfois douloureux.
Souvent mal compris.
Nous avons donc choisi de laisser la parole à celles et ceux qui connaissent cette réalité de près.
Sans sensationnalisme.
Sans caricature.
Sans jugement.
Simplement pour mieux comprendre.
Et peut-être mieux prévenir.
Plus vivant que jamais
Dans son livre Plus vivant que jamais, Jean-Luc Romero raconte l'année qui a suivi la disparition de Christophe.
Une année faite de douleur.
De souvenirs.
De questionnements.
Mais aussi de résilience.
Cette même émotion traverse l'ensemble de notre entretien.
Et parmi toutes les phrases qu'il prononce, l'une d'elles résume particulièrement bien l'esprit de cette rencontre :
« Je ne veux pas que l'on résume la vie de Christophe à sa fin. »
— Jean-Luc Romero
Au fond, cette émission raconte aussi cela.
Comment continuer à aimer quelqu'un après son départ.
Comment préserver sa mémoire.
Et comment transformer une tragédie en engagement pour les autres.
Pourquoi vous devriez regarder cette émission jusqu'au bout
Parce qu'elle parle du danger du chemsex, bien sûr.
Mais aussi parce qu'elle parle d'amour.
De résilience.
De prévention.
De santé mentale.
De sexualité.
De dignité.
Et de la manière dont chacun peut trouver la force d'avancer après l'impensable.
Tu y découvriras des confidences rares de Jean-Luc Romero.
Tu entendras des analyses particulièrement éclairantes de Fred Bladou.
Et tu comprendras pourquoi ce sujet mérite aujourd'hui d'être abordé avec davantage de nuance, d'écoute et de prévention.
Certaines confidences risquent de te surprendre.
D'autres de t'émouvoir.
Toutes méritent que l'on prenne le temps de les écouter.
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Et lorsque certaines questions méritent d'être approfondies, elles peuvent également être reprises dans l'émission HappyGayTV & You afin d'y apporter des réponses plus complètes.
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Transcription de l'émission
Il avait 31 ans : le drame du chemsex
Sa maman s’était immolée devant lui. Comme par hasard, il est mort le lendemain de la fête des mères. On trouve toujoursdans les choses négatives de la force. C’était comme un ange qui est arrivé. À ce moment-là, elle a tout changé.
Témoignage coup de poing, aujourd’hui ! Jean-Luc Romero-Michel raconte l’histoire de son mari, mort lors d’une séance de chemsex et son combat pour que cela n’arrive plus jamais. Puis, l’analyse claire et directe de Fred Bladou, sexologue et addictologue. Pourquoi le chemsex explose
dans la communauté gay ? Quel type de substance ? Quels dangers ? Pourquoi l’addiction ? Il nous explique tout. Suivront vos messages audio et vidéo laissés sur la Hot-Line. Et aussi le sourire légendaire de Roselyne et vos réactions à chaud. Salut mes diamants bruts !
Figurez vous que Roselyne a voulu faire une soirée chic et choc. Je vous raconte tout ça tout à l’heure !
Bonjour les p’tits loulous , bonjour à tous ! Vous allez vivre un moment fort, très fort. Parce que derrière des mots comme chemsex, drogue, addiction, il y a des vies, des vraies vies, des histoires d’amour,
des chocs et parfois des drames… Et aujourd’hui, c’est l’un de ces drames que l’on va affronter ensemble. Mais c’est aussi une histoire de courage, de dignité et de solidarité. Jean-Luc Romero-Michel témoigne. Vous le connaissez certainement pour son engagement politique, pour ses combats contre le sida,
pour la défense des droits humains. Mais aujourd’hui, c’est l’homme que l’on accueille, l’homme qui a aimé, l’homme qui a beaucoup perdu. Son mari Christophe avait 30 ans. Un soir, une séance de chemsex, un mélange de substances et d’alcool, un malaise et personne n’ose appeler à l’aide
par peur des conséquences. Cette peur lui a coûté la vie. Jean-Luc a tout raconté dans un livre bouleversant, “Plus Vivant Que Jamais”. Un journal d’amour, de douleur, de deuil et de reconstruction. S’il est avec nous maintenant, ce n’est pas simplement pour raconter,
c’est pour prévenir, pour protéger, pour dire que comprendre, s’informer, parler, ça peut sauver des vies. Ce portrait, vous allez le vivre maintenant. C’est un moment intense, sincère, humain. Un moment pour réfléchir
et pour entourer tous ceux qui en ont besoin. Témoignage.
Jean-Luc Romero : VIH, amour et mariage
Je m’appelle Jean-Luc Romero-Michel. Je suis à la fois un militant associatif et un élu. Militant associatif dans le champ de la lutte contre le sida, des questions LGBTQIA+ et bien sûr du droit de mourir dans la dignité, et la question du chemsex, sur laquelle je suis évidemment très impliqué.
Et de l’autre côté, je suis élu depuis assez longtemps, élu à Bobigny d’abord, élu au Conseil régional d’Île de France et actuellement adjoint à la maire de Paris en charge notamment des droits humains, de l’intégration et de la lutte contre les discriminations. Je vis avec le VIH depuis 1987.
Ça fera bientôt 40 ans. Donc, je suis ce que j’appelle un survivant, un miraculé. Ça a été quelque chose d’une très, très, très grande violence parce que quand on a 20 ans ou 25 ans, on ne peut pas s’imaginer que ses amis vont mourir. Et moi, je suis toujours là.
Et c’est à la fois beaucoup de chance d’avoir vécu toutes ces décennies, même si ce n’est pas aussi simple que ça. Parce que vous vous dites pourquoi moi je suis encore là ? Et pourquoi ces personnes, elles sont, sont parties ? Il ne faut pas dire non plus que vivre avec le VIH, c’est prendre trois aspirines
tous les matins et tout va bien. Quand on a vécu autant de traitements que je l’ai vécu, autant de traitements différents qui m’ont permis de survivre. Donc, c’est ça qui est quand même l’essentiel, ils m’ont aussi fait beaucoup de dégâts à l’intérieur. Mais il faut savoir qu’il vaut mieux vivre
sans le VIH qu’avec le VIH, parce que si aujourd’hui, évidemment, les choses ont changé, il faut donner de l’espoir aux gens qui vivent avec ce virus. Ça reste quand même un virus dont on ne guérit pas. Même si aujourd’hui, l’espérance de vie d’une personne séropositive
est la même que celle d’une personne séronégative. Vivre avec le VIH. C’est évidemment pas facile pour construire une vie sexuelle et amoureuse. Parce que, au début de la pandémie, les gens avaient peur. C’était une maladie
dans laquelle on mourrait très rapidement. Moi, j’ai eu la chance d’abord d’avoir un premier grand amour qui était Hubert, et puis d’avoir eu quand même tout au long de ma vie des histoires amoureuses, et notamment
avec mon grand amour aussi, qui a été Christophe, qui lui était séronégatif et qui n’a pas eu peur de vivre pendant onze ans avec une personne séropositive. Mais je peux dire que j’ai eu peut-être eu beaucoup de chance, comparé à certains de mes amis d’ailleurs,
qui eux ont eu beaucoup de mal à se construire une vie amoureuse et sexuelle, parce que les gens les rejetaient. Je croyais plus vraiment que je pourrais avoir une histoire amoureuse dans ma vie, la période avait été
extrêmement compliquée. J’avais vécu des années pas très très faciles. Et puis arrive un jour Christophe, qui d’abord a milité à côté de moi. On s’est évidemment beaucoup rapproché parce que, à l’époque, Christophe, qui m’a en plus aidé dans des campagnes électorales, vivait en banlieue.
Souvent, il y avait par exemple des marchés le matin tôt ou des réunions. Et pendant à peu près six mois, il a dormi chez moi presque tous les soirs avant qu’il se passe quoi que ce soit. Et ça a été le début d’une histoire qui a duré onze années et qui s’est malheureusement
terminée tragiquement. Ça n’a pas été facile pour moi au début. Paradoxalement, c’était la première fois que je sortais quelqu’un de beaucoup plus jeune que moi et ça n’a pas été facile pour lui après. Et il a rencontré quelqu’un. J’ai cru que ça allait se terminer au bout d’un an, et à un moment,
il a fini quand même par me choisir. Il fallait être réaliste, on avait une différence d’âge. Et on sait aussi que dans les couples, alors on dit les couples homosexuels, mais je pense qu’aussi et dans les couples hétérosexuels, au bout d’un certain nombre d’années, la sexualité est différente,
elle est moins intense, elle est moins passionnelle. J’ai dit : “Écoute, je ne sais pas de quoi sera fait l’avenir, mais on s’aime vraiment, on est extrêmement complémentaires, on est heureux d’être ensemble. Écoute, si tu as des aventures ou si j’en ai,
parce que c’est un contrat réciproque, voilà, c’est la vie. Mais je ne souhaite pas que tu me le racontes comme je te raconterai rien”. Et on a fonctionné comme ça pendant dix années où on a été en plus vraiment un couple fusionnel. Tout ce qu’on pouvait avoir
comme temps ensemble, on le volait à nos agendas qui étaient quand même aussi compliqués. Et on s’est mariés le 27 septembre de la même année, avec vraiment tous les gens, tous les gens qu’on aimait. Et ça reste pour moi certainement l’un des plus grands souvenirs,
l’un des plus beaux moments, parce que c’était tellement incroyable de vivre ça pour ma génération, par rapport à l’histoire que j’avais, moi qui croyait mourir avant mes, mes, mes 30 ans que j’ai savouré chaque seconde de cette journée-là.
Et elle a eu une saveur incroyable et elle reste pour moi un souvenir inoubliable, sûrement le plus beau souvenir de ma vie. Jean-luc Romero.
Veux-tu prendre pour époux Christophe Michel ? - Oui ! [Applaudissement] Christophe Michel, souhaites-tu prendre pour époux Jean-Luc Romero - Oui ! [Applaudissement] Au nom de la loi,
je vous déclare unis par les liens du mariage. [Applaudissement] [Chanté] : Baby lover, my baby love I need you, oh how I need you
Christophe Michel : du rêve au drame
Comment un rêve se transforme en cauchemar ? On a vécu onze ans ensemble et c’était vraiment pour moi un rêve. Parce que quand il, quand Christophe est arrivé, c’est un moment où je n’avais plus beaucoup d’espoir et il est vraiment arrivé au moment où il fallait. Parce qu’il avait beau être
beaucoup plus jeune que moi, il avait une maturité incroyable. Parfois, on avait l’impression que c’était plutôt lui le plus ancien des deux, tellement il portait de choses. Christophe avait une histoire qui était difficile. Sa maman s’était immolée devant lui !
Elle était alcoolique. C’était très difficile. Il a porté très jeune beaucoup de questions compliquées. La seule fois où il a longuement parlé de l’histoire de sa maman, qui était quelque chose de très traumatisant, et on était dans des termes
et pendant des heures, il m’a raconté l’histoire de sa maman et ce drame. Je lui disais : “Mais Christophe, il faut que tu ailles voir quelqu’un, que tu consultes un psy pour parler de tout ça" ! Parce que c’est quelqu’un qui gardait tout intérieurement.
Parler aux gens, ça libère. Lui, Christophe parlait très peu, quand il allait pas bien et comme par hasard, il est mort le lendemain de la fête des mères. Des fois je me dis, mais... c’est quand même incroyable ! C'était toujours un jour extrêmement difficile pour lui. Mais je crois que cette fragilité,
il ne l’avait jamais travaillée. Et je pense que tout ça l’a amené peut-être à un moment à utiliser ces produits pour peut-être oublier une douleur qu’il n’avait jamais, au final, intégrée et, sur laquelle il n’avait pas travaillé. Maintenant, je ne saurais jamais
ce qui s’est réellement passé. Le fait que Christophe ait volontairement pris beaucoup d’alcool, pour moi, ça me paraît aberrant. Lui, qui justement expliquait à tout le monde qu’il fallait surtout pas prendre d’alcool avec ces produits psychoactifs qu’on mélange.
Voilà, pour intensifier le plaisir sexuel dans le cadre du chemsex, il y aura toujours un mystère ! Qu’on ait pas retrouvé d’alcool chez la personne chez qui il était, est très bizarre. Enfin, on n’a pas été chercher dans les poubelles, on n’a rien fait.
Enfin, il a dit : "J'ai pas d’alcool". Voilà, point barre ! Faut savoir qu’entre le moment où Christophe est tombé dans le coma et le moment où les secours sont arrivés, il s’est passé plusieurs heures. Et que donc la personne a pu jeter des bouteilles,
faire des choses. Voilà, donc moi, il y a beaucoup de choses qui sont extrêmement mystérieuses. Il y a eu un procès. Malheureusement, il n’y a même pas eu de reconstitution. J’ai jamais été reçu par la juge d’instruction et je pense qu’il y a plein de failles dans cette affaire.
Une personne a été condamnée parce qu’une chose est sûre, elle n’a pas appelé les secours à temps. Et c’est quelqu’un qui a dû venir pour le pour le faire. La personne qui était avec Christophe, aurait sur une application gay, Grindr, rencontré une autre personne qui serait venue
pendant plus d’une heure. Ils auraient eu des relations sexuelles devant un Christophe dans le coma. On n’a jamais retrouvé cette personne. On ne sait pas qui c’est. Aucun élément là dessus. Je trouve ça extrêmement étrange. Heureusement, une troisième personne qui est arrivée, qui a fini par appeler les secours,
mais il était… en disant mais attends, la personne là, elle a l’air pas animée ! Ça pose bien sûr le problème de la législation actuelle qui fait que plein de gens, quand il y a des gens qui, dans le cadre du chemsex, font des comas,
n’osent pas appeler les secours parce qu’ils ont peur que la police arrive, et je les comprends. Et c’est pour ça que j’essaye d’ailleurs de faire changer ça, pour qu’il n’y ait plus de Christophe qui meurt dans ces conditions-là, pour que personne n’ait peur d’appeler la police,
même quand on a utilisé des produits illégaux. Mais en même temps, il a pris des drogues à un moment de sa vie sans que je m’en rende compte. Je ne pense pas qu’il ait, qu’il en ait pris tant que ça parce que honnêtement, jusqu’à sa mort, il a toujours été
d’une humeur égale, etc. Et on sait, notamment les gens qui sont dans le Chemsex au bout d’un moment, vont souvent pas très bien. Ont du mal à travailler, sont irritables avec leurs proches. Moi, il n’a jamais montré aucun
de ces signes-là. Donc, ça restera un mystère et c’est le destin qui fait que il est parti, et je ne saurai jamais ce qu'il s’est passé dans sa tête, ce qu’il y a eu, ces derniers jours, ces dernières semaines avant sa mort , qui ont provoqué
pour lui le besoin d’avoir ces, ces produits psychoactifs et de les utiliser. Je ne veux pas qu’on résume la vie de Christophe à sa fin. Parce que tout le monde le dit : c’était quelqu’un d’une bienveillance incroyable, qui avait un talent formidable. Je ne l’ai jamais entendu dire
de mal de qui que ce soit. Je pense qu’il était. Il avait des qualités que je n’ai pas, et je veux vraiment qu’on retienne de lui que c’est quelqu’un qui a en tout cas a donné à tous ceux qui l’ont connu beaucoup de bonheur.
Dans ses proches, ses amis disent exactement la même chose. Et moi, il m’a donné tellement de bonheur, tellement d’amour que je pourrais à la fois jamais l’oublier, qu’il me permet toujours d’avancer aujourd’hui et que je ne veux pas qu’on réduise sa vie
à cet accident terrible qui a fait qu’il n’est plus avec nous aujourd’hui.
Deuil, culpabilité et reconstruction
La première année, après sa disparition était compliquée. D’abord, il gérait beaucoup de choses. Il avait mis toutes les dates, les réunions dans les, dans les mois qui suivaient et que c’était évidemment compliqué d’aller à toutes ces manifestations qu’il avait lui-même organisées. Je pense, un mois après sa mort,
il avait planifié l'ADMD Tour, c’est à dire un tour, que font les jeunes qui défendent le droit de mourir dans la dignité dans toute la France, pendant l’été, il avait tout préparé ! Et ce tour s’est fait sans lui. Il avait préparé à la Pride suivante, encore un mois après sa mort, puisque ça devait être fin juin, un bus pour Élus Locaux Contre le Sida,
avec une exposition qu’on avait faite. Il y a un livre. Il avait tout préparé. Et donc on vivait pendant des mois et des mois des événements qu’il avait lui-même organisé, sauf qu’il était plus là, et qu’évidemment à chaque fois c’est pas simple ! Donc, évidemment,
y rajouter le fait que tout ce que je faisais était des choses qui avaient été planifiées par lui, forcément que c’était pas simple, mais en même temps c’était aussi une force. On trouve toujours dans les choses négatives de la force, parce que c’était une force pour continuer en disant :
il a préparé tout ça, c’est formidable, il faut aller au bout de ses projets. J’ai jamais une seule seconde, je n' ai, je n’en ai voulu à Christophe. Moi, il m’a donné onze ans de bonheur, quand même, et je ne peux pas oublier ça. Onze ans qui sont des années que je ne pensais plus à voir. Voilà, c’est la personne
avec qui j’ai vécu en plus le plus longtemps. Je m’en veux plutôt à moi de ne pas avoir su, peut-être, me rendre compte que quelque chose n’allait pas. Et ça, c’est quelque chose, c’est une douleur qui reste en vous. Mais après pour le reste, je n’avais pas le choix,
soit je continuais, soit je m’effondrais. Car à un moment, il faut savoir lâcher prise et puis dire : je ne saurai jamais, c’est comme ça, il n’est plus là. C’est vrai que le fait de se dire, j’aurais dû mourir à sa place,
on le pense forcément au début, comme tout le monde, comme je le pense pour le VIH. Ça c’est quand même pas quelque chose qu’on peut complètement écarter. Mais en même temps, si on reste dans cette culpabilité permanente, on n’arrive plus à avancer. Moi, j’ai toujours essayé d’être utile et de profiter de la vie,
de profiter de chaque moment, de profiter les gens que j’aimais. Parce que je sais que tout ça est tellement volatile que tout ça peut s’arrêter n’importe quand, que je pense qu’il faut en profiter. Que quand on a cette chance de vivre, à un moment, on ne peut pas rester que dans la culpabilité,
même si cette culpabilité, elle est là, elle ne partira jamais ! Moi, j’ai deux culpabilités. J’ai une culpabilité liée au VIH, d’être toujours là quand les autres ne sont plus là, et puis de ne pas avoir compris ce qui se passait. Mais si je restais dans ce simple sentiment, je mourrais, ou en tout cas
je tombais dans la dépression et dans une vie qui ne m’aurait pas convenu, parce que, il faut être honnête, de tous ces drames, j’ai quand même continué à réussir à vivre. Un mois après sa mort, une dame est venue me voir en me demandant comment j’allais. Évidemment, vous imaginez
la réponse que je lui ai apportée ! Et puis, elle m’a dit quelque chose qui m’a beaucoup aidé, par la suite, elle m’a dit : "Vous savez, vous avez de la chance, vous avez connu l’amour, moi, jamais" ! Et cette dame devait avoir 85, 90 ans. Je ne l’ai jamais revue. Je la cherche souvent.
C’était comme un ange qui est arrivé, à ce moment-là, elle a tout changé. Elle m’a beaucoup aidé parce que je me suis dit : "Mais c’est vrai ! Et je crois que c’est la réalité des choses, c’est que bah oui, on a peut-être plus de drames si on a aussi peut-être
plus de belles histoires d’amour, c’est la compensation. Mais qu’au final chacun a un chemin de vie, et que, ben oui, on paye les grands bonheurs, par des grands malheurs, mais qu’après les grands malheurs, on a des grands bonheurs.
Même si ça fait maintenant plus de sept ans que Christophe est mort, j’ai eu aussi des beaux moments. Il faut aussi savoir les saisir pour continuer à avoir ce goût de la vie que j’ai au final bien ancré au fond de moi. Quel moment, vraiment ! On vient de vivre quelque chose de fort, de bouleversant et en même temps
de tellement lumineux. Merci Jean-Luc. Alors, si ce reportage t’a touché, si tu penses qu’il peut aider quelqu’un, partage-le. Partout. Réseaux sociaux, SMS, mail.
Fais vraiment passer ce message, ça peut vraiment aider. Et si tu veux aller plus loin, les livres de Jean-Luc Romero-Michel “Survivant” et “Plus vivant que jamais", sont disponibles dans toutes les bonnes librairies. Si tu as envie de réagir à ce témoignage, de raconter ta propre histoire
ou d’apporter un message de soutien, la Hot-Line est là. Tu peux y laisser un message audio ou vidéo. Les messages pour aider, informer, peut-être même sauver des vies seront diffusés dans l’espace club du site HappyGayTV.com, mais aussi dans l’émission
HappyGayTV & You. Donc, inscris-toi au club pour continuer l’aventure tous ensemble. C’est gratuit ! Et maintenant, on va continuer la suite de cette émission avec quelqu’un d’important. Quelqu’un qui connaît le sujet mieux que personne et qui en parle
avec une bienveillance rare.
Fred Bladou face au témoignage de Jean-Luc
Fred Bladou, bonjour. D’abord, qu’est-ce que vous avez ressenti en entendant le témoignage de Jean-Luc Romero ? Je trouve que Jean-Luc a une force et a su trouver cette force absolument incroyable, de transformer
un traumatisme absolument terrifiant, celui de la perte de son mari dans des circonstances qui sont des circonstances tragiques, qui sont les circonstances de la prise de produit dans un contexte de chemsex. Comme auparavant, Jean-Luc aurait pu rester bloqué
sur le fait d’avoir été contaminé par le VIH et de ne jamais avoir transformé cette expérience en quelque chose qui va bénéficier à d’autres. En fait, Jean-Luc nous a habitué sur le VIH à utiliser son histoire personnelle et à transformer ses souffrances
pour en faire un combat collectif. Ce que j’admire énormément dans l’interview de Jean-Luc, c’est que, il fait la même chose sur le chemsex, en fait. Jean-luc, il est passé d’une énorme souffrance à quelque chose d’extrêmement constructif où aujourd’hui, il fait partie des quelques
rares personnalités politiques à avoir un plaidoyer et des revendications qui vont dans le bon sens, et qui vont dans l’amélioration de la qualité de vie des chemsexeur, dans la prévention et la réduction des risques. Donc, je trouve que c’est très fort.
Chemsex : définition et motivations
Fred, pour qu’on parte tous sur les mêmes bases, le chemsex, c’est quoi exactement ? C’est un terme communautaire. Certes, le chemsex a été inventé par les hommes gays, d’abord dans le monde anglo-saxon par les anglophones. C’est la contraction de deux mots : de Chemical,
donc les produits, les drogues... sexe. Donc, littéralement chemsex c'est sexualité sous drogue. Voilà, le chemsex, c’est choisir volontairement de consommer des produits en vue d’un acte sexuel. On achète ces produits et on les consomme, avec un objectif
de sexualité. On entend parfois tout et n’importe quoi. Si je prends du Viagra, est-ce que je fais déjà du chemsex ou pas du tout ? Le viagra n’est pas un produit psychoactif. Le Viagra, c'est un médicament qui permet,
qui favorise l’érection. Donc, ce n’est pas un produit psychoactif qui va modifier ton comportement. C’est à dire que tu ne vas pas te retrouver désinhibé, "hipe," “happy", "festif", parce que tu as pris du Viagra.
Le seul effet que va avoir le Viagra, ça va être de provoquer une érection. Donc, c’est la grosse différence. Donc, bien évidemment qu’en prenant du Viagra, on ne fait pas du chemsex. Ce qu’il faut retenir, c’est que c’est majoritairement le chemsex, il faut un produit qui soit psychostimulant,
qui désinhibe, qui améliore la performance, l’endurance, qui augmente le plaisir. C’est pour ça que les gens vont prendre ce type de produit. Qu’est-ce qu’on recherche vraiment dans le chemsex ? Qu’est-ce que ça vient combler, en fait ? Les motivations au chemsex, c’est le plaisir en premier.
C’est à dire que tous les gens qui sont interrogés, répondent tous en premier : recherche de plaisir, d’augmenter les plaisirs, d’éprouver des sensations nouvelles, des sensations plus fortes. Après, il y a le sentiment d’aller chercher une certaine désinhibition.
On a tous nos propres traumas, nos propres freins, nos propres souffrances, nos propres problèmes de confiance en nous, d’estime de nous-mêmes. C’est à dire que la sexualité, elle n’est pas simple. Par exemple, t’es un garçon qui vit avec le VIH
depuis 20 ans, 30 ans, et bien, tu en as fabriqué des tas de trucs dans ta tête. Quand tu as été exposé à la stigmatisation depuis 30 ans du fait de ton statut sérologique, c’est pas du tout quelque chose d’évident. Le chemsex, c’est libérateur... pour eux...
Pour eux, le chemsex, c’est un moyen de se sentir vivant et ça a quelque chose d’extrêmement libérateur. Toutes les études qu’on peut mener montrent que le sentiment d’être exclu, le sentiment d’être rejeté par les gays, du fait de leur orientation sexuelle est extrêmement fort.
Comment est-ce qu’on fait pour se sentir bien dans sa peau et bien dans sa sexualité ? Le chemsex, ça répond à tout ça. Finalement, on se demande jusqu’à quel point le chemsex ne serait pas pour certains une sorte d’automédication, malheureusement dangereuse. C’est en ça
que je vais modérer mon propos. Mais pour certains, je pense que le chemsex est un moyen de sortir finalement de tout ce qu’on a dans la tête et de souffrances et de traumatismes. Vous le dites souvent, quand on a été rejeté, humilié ou qu’on se sent en marge,
le plaisir simplement naturel, c’est plus compliqué. Alors ça veut dire quoi ? Qu’Il y a un vrai travail intérieur à faire ? On n’est pas tous égaux malheureusement, face à la prise de produit. Pourquoi est-ce que certaines personnes vont boire un verre le samedi soir et s’arrêter à ça ?
Et pourquoi d’autres vont boire une bouteille par jour ? Notre construction, notre psyché et notre construction personnelle, elles sont aussi nombreuses qu’il y a de personnes. Donc, en fait, on ne peut pas répondre à cette question
de manière simple. Ça voudrait dire est-ce que les gens sont épanouis finalement ? Ou est-ce que les gens vivent leur sexualité ? Ce que je veux dire, c’est que la sexualité, qui semblerait être quelque chose d’absolument naturel et qui est essentielle !
Je le rappelle, les nouveaux paradigmes de la santé sexuelle considèrent que la sexualité est un besoin primaire. Que c’est comme de manger, comme de dormir, comme de boire. Avoir une bonne santé, être équilibré, c’est avoir une sexualité. Mais qu’est-ce qu’on fait aujourd’hui
dans ce pays ? Qu’est-ce qu’on fait aujourd’hui en direction des jeunes pour les éduquer à une sexualité ? Où sont les cours d’éducation sexuelle ? Qu’est-ce qu’on fait ? C’est quoi une bonne sexualité ? C’est quoi être bien dans sa peau sexuellement ?
Quand aujourd’hui, il n’y a rien sur l’éducation sexuelle ? Quand la majeure partie des jeunes et encore pire pour les jeunes gays ! Parce que si on parle des jeunes en population générale, à la limite, ils peuvent avoir des exemples où ils peuvent avoir des parents
ou des copains avec qui ils en parlent. Mettons-nous à la place d’un jeune gay de quatorze, quinze ans qui découvre et qui assume partiellement ou en tout cas avec difficulté son homosexualité, comment est-ce qu’il se forme ? Comment est-ce qu’il se forme,
au plaisir, à la notion de plaisir, à la notion de bien être par rapport à sa sexualité, à travers des vidéos sur internet ? Tout ça fait qu’on voit bien qu’aujourd'hui on a d’énormes efforts à faire. Trouver des solutions ou en tout cas essayer d’améliorer la prévention
et améliorer les choses par rapport au chemsex, ça passera et ça doit passer impérativement par un bouleversement profond de l’éducation sexuelle dans ce pays. Là, je parle des gays et sur le chemsex, je pourrais tenir le même discours
sur l’éducation sexuelle et sur l’accompagnement à l’éducation sexuelle pour les jeunes filles ! Qui s’en occupe aujourd’hui, dans une société qui est totalement hétéro-patriarcale, où tout est pensé, en fait, pour un homme hétérosexuel ? Où est le plaisir des femmes ?
À qui va-t-on en parler à un moment ? Alors, qui va parler du plaisir des gays ? Tout le monde s’en fout ! Les seules choses qu’on entend sur les gays à la télé ou à la radio toute la journée, ce sont des lieux communs et des propos homophobes tenus par des responsables politiques vieillissants !
Pourquoi les hommes gays sont plus concernés
Cette pratique touche énormément les hommes gays, des hommes qui ont des relations avec des hommes. Pourquoi nous, plus qu’un autre groupe ? Qu’est-ce qui rend notre communauté plus vulnérable ? Toutes les études montrent aujourd’hui que majoritairement, le chemsex,
c’est une pratique communautaire. D’une communauté ou d’un groupe, d’un groupe d’individus ayant vécu le rejet ou l’exclusion. Donc, c’est pas étonnant du tout que les gays puissent obtenir des droits. La seule chose en fait, qu’on ne pouvait pas nous enlever, c’était notre sexualité. Donc, c’est pas du tout étonnant
que finalement, le chemsex soit une pratique inventée par les gays dans une volonté communautaire d’appartenance à un groupe, de se retrouver sur un truc qu’on ne peut pas nous enlever qui est la sexualité. Pourquoi, je disais ça en préambule ? Parce que toutes les études montrent que environ 90 % des personnes
qui répondent à des enquêtes scientifiques sur le chemsex, 90 % voire 95 % dans certains cas, sont des personnes qui s’autodéterminent comme étant gay ou HSH. Je ne suis pas en train de dire que ça n’existe pas chez les hétéros. En tout cas, les chiffres et les études menées aujourd’hui nous montrent bien
que les personnes les plus concernées sont les gays, les travailleurs et travailleuses du sexe, les personnes trans et les personnes libertines, en gros. Est-ce que ça veut dire que les gays sont plus libertins, plus addicts au sexe,
ou est-ce complètement faux ? Est-ce que ça veut dire ça ? Non, je pense que l’expression de la sexualité pour les gays est quelque chose de très communautaire. La sexualité ne repose pas sur des normes sociétales. Si on veut schématiser un homme,une femme, il y a un but d’avoir des enfants.
Voilà ! Pour les gays, la sexualité n’est pas du tout accompagnée de ce genre d’obligation, de contrainte. Elle est libre, en fait. On s’est quand même aussi approprié un discours de féministe. Le choix et la liberté de disposer de son corps.
En fait, qui peut venir nous dire qu’on doit avoir un seul partenaire, qu’on doit être fidèle, qu’on doit… Personne en fait ! Personne n’a… Et d’ailleurs personne ne devrait le dire pour personne ! Tout ça, ce ne sont que des approches morales qui restreignent totalement
la liberté sexuelle et la liberté individuelle. Tant qu’il y a consentement, je ne vois pas en quoi, il faudrait mettre des questions normatives à la sexualité.
Marathons, craving et risques d’addiction
En préparant l’émission, Fred, j’ai découvert les marathons ! Cinq jours sans dormir, sans manger, sans boire ou presque ! La descente derrière, ça doit être un enfer ensuite, non ? Cette question du marathon sexuel, pourquoi elle est intéressante à traiter ? Parce que le problème, ce n’est pas le marathon.
On s’en fout ! Moi, que les gens couchent, aient des rapports sexuels pendant quatre jours, pensez bien que ça ne va pas me gêner, ça m’empêche pas de dormir ! Tant mieux pour eux ! Par ailleurs, quelque part, je les envie presque un peu !
Mais, non... Ce qui est intéressant, c’est que, en revanche, les conséquences sur la santé des gens, elles ne sont pas les mêmes. Quand pendant quatre jours, on va consommer des produits psychoactifs qui accélèrent le rythme cardiaque,
qui empêchent de manger, empêchent de dormir, on met son organisme en très grande difficulté et avec des risques très sévères de problématique cardio-respiratoire. Donc, voilà pourquoi c’est intéressant de parler de ces marathons, parce que, en réduction des risques,
nous, on mettrait tout de suite en avant une chose, c’est : vous faites du chemsex, toutes les 4 heures, toutes les 5 heures, vous faites une pause, vous vous alimentez, vous vous hydratez, vous vous reposez, et vous arrêtez les produits. Parce que le problème c’est que si on fait ça pendant 4 heures,
ça présentera beaucoup moins de risque que de le faire pendant quatre jours, c’est simplement quelque chose de logique. Ces produits rendent-ils accros tout le monde ? Ou, il y a t il des profils plus à risques ? Une seule prise peut suffire par exemple ? Alors tous les psychostimulants sont addictifs. Il ne faut pas mentir aux gens, c’est pas le seul problème,
elles sont addictives, mais surtout elles ont la propriété de provoquer ce qu’on appelle le craving. Le craving, c’est le besoin irrépressible de reconsommer. C’est-à-dire, qu’on pourrait se dire je consomme mon produit,
hop, une fois que je l’ai consommé, je m'éclate et puis après c’est fini. Sauf que c’est faux ! C’est pas parce qu’on a consommé qu’on n’a pas envie de reconsommer. Ça n’a rien à voir avec des conduites addictives. C’est le cerveau, c’est le système de la récompense.
On a un circuit de la récompense qui d’un seul coup, on va alimenter grâce à la drogue. On va alimenter ce système sérotoninergique ou dopaminergique en fonction des produits, on va l’alimenter artificiellement et le booster. C’est à dire qu’il va exploser ! Et puis d’un seul coup,
quand la drogue commence à disparaître du corps, le temps que le corps en refabrique à nouveau naturellement, il y a toute la période de descente et puis cette période de manque de craving. Alors, ce n’est pas un état de manque physique, c’est purement psychologique.
Mais ce craving est extrêmement dur à vivre en fait. Oui, ces drogues, elles ont un réel danger d’addiction et elles provoquent des addictions très rapidement. Quelle est la conduite à tenir alors ? Je ne fais pas partie des gens
en addictologie qui vont prôner l’abstinence. Je sais que l’abstinence, c’est un leurre. Les gens consomment, c’est un fait. C’est décrit dans la littérature depuis toujours. Les gens consomment de l’alcool, les gens consomment du tabac,
les gens consomment du jeu, les gens consomment du sexe. Notre société de la vitesse, c’est une société addictogène. C’est une société dans laquelle, la performance, elle est... on la vit au quotidien. Il faut bosser, il faut être le meilleur au boulot, il faut être le plus beau,
il faut être mince, il faut être jeune. Toutes ces choses-là, qui sont absolument insupportables à vivre, provoquent en effet, un besoin de lâcher prise et un besoin de pouvoir le supporter. Ces produits psychostimulants, ils ont cette faculté
de pouvoir aider. Dans une société de la performance d’un seul coup, on a l’impression grâce à ces produits, qu’on devient un surhomme. Ce n’est pas désagréable artificiellement. C’est un leurre, mais ce n’est pas désagréable ! Il y a des personnes plus vulnérables que d’autres,
plus fragiles face à l’addiction ? Des personnes qui seraient plus vulnérables que d’autres ? Oui, bien évidemment, des personnes qui vivent avec une problématique psy, psychiatrique. Je peux parler des personnes qui sont trouble borderline, bipolarité,
trouble TDAH... Ce sont des personnes qui vont être plus sujettes aux addictions. Ne soyons pas réducteur, toutes les personnes TDAH ne sont pas accros à la cocaïne ! Encore une fois ! Mais en tout cas, c’est vrai qu’on le voit
et c’est montré de manière scientifique. Le fait d’avoir été exposé à l’homophobie, d’avoir été rejeté, ce sont des indicateurs très forts et qui apparaissent tout le temps. Le sentiment d’isolement ou de solitude. Voilà,
moi, beaucoup de gens que je vois en entretien, c’est pas des gamins et ils ont jamais pris de drogue avant et d’un seul coup, à 50, à 50, 55 ans, après des années, où parfois ils ont perdu leur mari à cause du sida, qu’ils n’ont jamais réussi à se reconstruire
avec qui que ce soit. Et d’un seul coup, à 50, 55 ans, ils tombent dans le chemsex. Tout le monde me dit : "Mais enfin, ils sont fous" ! Quand on achète, pourquoi ils rentrent là dedans ? Mais pourquoi ? Parce qu’ils sont seuls ! Dans le chemsex,
ça, c’est un chiffre qui est important à dire, on estime qu’il y a à peu près 30 % des cas de chemsexeurs en grande difficulté par rapport à leur consommation, qui ont été exposés dans leur enfance ou leur jeune adolescence, à des violences sexuelles ! Quand vous vivez
avec un psycho trauma comme celui là, comme celui d’avoir été violé dans l’enfance, comment vous en débarrasser après ? Comment est-ce que votre cerveau arrive à supporter ça ? On sait à quel point, ces violences sexuelles, ces viols marquent les gens à vie !
Et pour beaucoup, la drogue, ça leur permet de pouvoir surmonter. Ce n'est pas du tout du prosélytisme. Mais je ne suis pas en train de dire que la réponse au viol, c’est d’aller se droguer plus tard parce que non, non, il y a trop de risques et il vaut mieux une très bonne prise en charge
avec de très bons soignants spécialisés sur le psycho trauma. La drogue n’est jamais la solution aux souffrances. D’ailleurs, en réduction des risques, on dit souvent quand vous n’allez pas bien dans votre tête, ne consommez pas, parce que vous allez avoir des réactions qui ne vont pas être les mêmes.
On l’a entendu avec Jean-Luc Romeo-Michel
Mélanges, surdoses et réduction des risques
Mélanger alcool et produits, c’est quasiment toujours dramatique. Alors pourquoi ce cocktail est-il si dangereux ? En réduction des risques, on déconseille systématiquement de mélanger les produits. Ça augmente les risques d’intoxication par surdose,
les risques de “bad trip”. Mélanger les produits, c’est toujours une très mauvaise idée. La cause du décès de Christophe, c’est vraiment, le fait d’avoir consommé du GHB ou du GBL avec de l’alcool. Pour toutes ces questions là, toutes les associations de réduction des risques
qui travaillent sur le sexe ont des brochures géniales et des conseils géniaux sur éviter tel mélange, tel mélange. La seule chose pour protéger les gens et pour prévenir de conséquences qui peuvent être éventuellement dangereuses sur la santé, mentale ou physique,
ça va être de réduire les risques. Donc, c’est tout un ensemble de mesures qui font que, on va consommer, mais on va consommer en réduisant les risques. Et ce n’est pas le seul risque, j’imagine. Si on veut parler aussi de réduction des risques, il n’y a pas que la question des mélanges,
il y a la question des dosages. Pourquoi on a autant d’intoxication par surdose ? Pourquoi on a autant d’overdose dues au GHB ? Parce que les gens ne dosent pas. Les gens pensent que c’est un produit anodin, et qu’on peut s’en envoyer pendant 48 heures, toutes les heures ! Et bien non !
Parce que le corps ne va pas le supporter, on va faire un G-hole. Donc, la question des dosages, elle est extrêmement importante. Si les gens ont besoin d’informations, il y a toujours les structures de réduction des risques qui peuvent donner des informations. Il y a aussi des sites Internet qui sont extrêmement bien faits.
Je pense à mes camarades de Psychoactif.org Et surtout, pour éviter des effets graves ou délétères. Vous, Fred, vous parlez de réduction des risques. Pourquoi, pas d’interdiction pure et simple ? La réduction des risques est née de la part d’acteurs communautaires
et d’usagers de drogues qui d’un seul coup, ont dit : "c’est une hécatombe, l’épidémie de sida chez les usagers de drogues, d’héroïne, par injection, ils se contaminent tous et ils meurent tous. Il faut absolument qu’on freine
les contaminations". On a fait quoi ? On a mis en place des programmes d’échange de seringues. C’est-à-dire que d’un seul coup, tous ces usagers qui s’infectaient parce qu’ils se partageaient des seringues, eh bien d’un seul coup, quand Michèle Barzach sous Chirac,
a décidé de faire rentrer dans la loi la réduction des risques et dont les programmes d’échange de seringues, on a fait chuter l’épidémie de sida chez les usagers de drogues. Et on a appelé ça la réduction des risques et pas l’annulation du risque, parce que si on avait appelé ça
l’annulation du risque, ça aurait été une injonction à ne pas consommer. Et on sait très bien que les injonctions à ne pas consommer, c’est la prohibition, c’est ce qu’on vit depuis, de maintenant, depuis les années 70 et même avant, où l’État nous raconte toute la journée
la drogue c’est mal, c’est interdit de consommer, vous allez en prison ! Ça n’a jamais empêché personne de consommer.
La prévention suffit-elle vraiment ?
Et puis il y a l’exemple terrible de Christophe Michel. Il connaissait ses risques mieux que personne et pourtant il en est mort ! Est-ce que ça veut dire que la prévention ne suffit pas ? Tu sais, je vais répondre à cette question... Je peux pas et je vais y répondre personnellement. Moi je suis un militant et un activiste de la lutte contre le sida.
Et pourtant je me suis contaminé. Alors, est-ce que le fait d’être des experts, est-ce que ça nous protège totalement ? Je pense que nous aussi on a nos vulnérabilités comme tout e monde. Est-ce que tous les addictologues de ce, sur cette planète ne boivent qu'un verre par semaine,
ou ne fument pas, ou ne consomment jamais de drogue ? Est-ce que les médecins, qui pourtant sont les mieux informés, font toujours tout ce qu’il faut pour leur santé ? On peut être des experts, on peut être des gens hautement qualifiés,
on peut avoir un discours parfait en direction des autres et nous aussi avoir nos propres. ... Nos, nos propres faiblesses, en fait. Ça ne fait pas de nous des gens qui ne sont pas qualifiés. Ça montre bien une chose, c’est qu’entre un discours de professionnel
et notre vie réelle, il faut faire la part des choses. Quel moment, Fred ! Quand on t’écoute, quand on entend ton histoire, on réalise à quel point personne n’est à l’abri. Et ça, ça remet tout en perspective ! Tu sais, en t’écoutant, je repensais à quelque chose.
Si des personnes en souffrance se tournent vers les produits, c’est presque un réflexe humain ! Qui ne prend pas un médicament quand il a mal à la tête ? On cherche tous à aller mieux, à soulager quelque chose. Mais quand on regarde le destin de Christophe Michel, ce drame
et ce que tu nous racontes du vécu de tant d’hommes gay, on peut se demander si parfois on ne choisit pas la mauvaise solution. Parce qu’il existe d’autres aides, d’autres substances chimiques ! Oui ! Mais cette fois prescrites, encadrées, dosées comme il le faut, par des médecins,
des généralistes ou par des psychiatres. Des traitements qui accompagnent vraiment, qui aident à traverser les épreuves, à stabiliser, à reprendre son souffle, à retrouver un plaisir naturel, authentique, y compris sexuel, sans se mettre en danger.
Enfin, c’est juste mon avis, mon ressenti. Et ça peut se discuter, d’ailleurs ! Si tu as envie de réagir, de partager ton histoire ou de donner ton avis, la Hot-Line est là. Tu peux laisser un message audio ou vidéo et on continuera cette conversation dans l’espace club
et même dans une prochaine émission. HappyGayTV & You !
Roselyne passe le chemsex à sa moulinette
Roselyne, alors cette soirée chic et choc ? Ha ! Arrêtez ! Arrêtez ! Arrêtez ! Ah ! Figurez vous que j’arrive tout apprêtée, robe de sequins, talons de quatorze. Et là, je vois des produits, pas des produits de chez Sephora, si vous voyez ce que je veux dire !
Et bien, je suis rentrée chez moi vite fait bien fait, un plaid, une tisane et voilà comment j’ai fini la soirée ! Ah bah on est pas "popop", on peut pas parler de chic et de choc, je vous le dis, moi ! Comme d’habitude Roselyne, vous faites n’importe quoi ! [Rires] Comment ça, n’importe quoi !
Marco, je ne vous permets pas ! Si c’est pour avoir ce genre de commentaires, je préfère que vous vous taisiez ! Voilà ! Merci Marco. Non mais, celui là, toujours intervenir quand il ne faut pas ! Allez, on continue à envoyer les messages, les commentaires. Moi, ça me fait toujours plaisir de vous lire ! Et on commence tout de suite !
On commence avec Ginette, 45 ans. Ginette, 45 ans ? Ce n’est pas un prénom de 45 ans ça, Ginette, hein ! Tu essaies de nous la faire à l’envers ! Mais c’est pas grave, tu as le droit à ma chérie, hein ! L’Âge, c’est dans la tête ! Ginette, donc,
en direct de Bourré dans le Loir et Cher, Et bien, Ginette ! “Bonjour Roselyne, dites j’ai voulu regarder l’émission avec un petit verre, mais après tout ce que vous avez dit, est-ce que le rosé pamplemousse, c’est considéré comme une drogue psychoactive ou c’est juste bon” ?
Non, non, non, non, non, Ginette, je suis désolée du rosé pamplemousse ! Mais enfin, je m’insurge ! C’est un sacrilège mon cœur, œnologique, une hérésie ! Mais non ! Enfin du rosé oui, passe encore… mais alors non, rosé, pamplemousse, c’est pas possible !
Non, non, je ne suis pas d’accord. Bon, c’est comme je sais pas moi, mettre du gloss sur un jambon, ça ne se fait pas ! Voilà c’est tout hein ! Et puis, le pamplemousse, attention hein ? Non, non, Fred, Bladou l’a dit : “Attention, on ne mélange pas les produits”. Ben oui !
Tu veux finir en combustion émotionnelle ou quoi ? [Rires] Moi je ne suis pas concernée, évidemment. Je ne bois que du rosé vintage, millésimé, avec élégance ! [Rires] Une élégance que Marco ne comprendra jamais. Hein, Marco ? Mais oui ! Marco, lui, boit de l’eau gazeuse.
Vous parlez d’une débauche, hein ! Excusez-moi, mais quand on parle de bulles, Marco ! On ne parle pas d’eau gazeuse ! [Rires] Vous comprenez jamais rien vous, hein ? Hein ? [Rires] Hein ? Non non non Ginette. On peut boire du rosé,
bien sûr, avec modération, hein ! Mais sans pamplemousse, je suis désolée, mais ça ne se fait pas ! Voilà, hein ? Alors le rosé avec modération, mais par contre le rose, ça c’est sans modération ! On peut y aller à fond les ballons,
comme on dit. [Rires] Allez, à bientôt Ginette ! Allez, on continue les chéries, hein ! On a une question de Rachida. Depuis le spa municipal Les Croûtes dans l’Aube. Ah ben dis-donc ! Et elle nous dit qu’il est momentanément en panne
d’eau chaude ! Et bien dis donc, Rachida, bon courage quand même ! Alors, Roselyne, c’est vrai que quand on se sent rejeté, on fait n’importe quoi. Parce que moi, dès qu’on me refuse quelque chose,
je mange du fromage râpé direct au sachet. Est-ce que je dois consulter ? Ma chérie ! C’est vrai que quand on se sent rejetée, on fait n’importe quoi. Moi-même, la dernière fois que Marco m’a refusé un café, j’ai pleuré dans le placard pendant des heures !
Oui... écoutez, ça arrive. Mais, mais manger du fromage en direct au sachet. Bon, j’ai envie de dire que tant que tu ne lui parle pas, que tu lui donnes pas un prénom comme Gérard, le gruyère, tout va bien hein ! Et puis, compenser un manque
ou un refus par du fromage, je trouve que c’est typiquement français, Rachida ! Donc vas-y, lâche-toi ! [Rires] Allez, question suivante. Nous avons donc Brandon depuis sa péniche coincée pour la troisième fois sous un pont à Glandage dans la Drôme !
[Rires] Brandon, c’est vraiment pas de pot ,hein ! [Rires] Alors Roselyne, si on mélange Red Bull, un café serré, un Doliprane et trois Ricard, est-ce qu’on fait du chemsex parce que là j’ai très chaud ? [Rires]
Mon trésor, si tu mélanges tout ça, excuse moi mais là tu fais juste un cocktail de la catastrophe ! Ah bah oui, là on est plus sur du chemsex forcé. [Rires] Marco, il avait tenté de faire ça la dernière fois, c’était pas les mêmes produits, mais alors, je l’ai plus vu
pendant trois heures ! Alors Marco, vous vous rappelez. Et oui, et oui, c’était très bien, d’ailleurs ! Pour la première fois, je n’ai pas crié en apercevant Roselyne. [Rires] Non, mais alors j’entends bien que dans ton cocktail, il y a une boisson
qui donne des ailes. T’as du café qui va t’exciter un peu, mais tu as surtout les trois Ricard et les trois Ricard, ça donne quoi ? Marco en double ! Et crois moi bien, que Marco on n’a pas envie de l’avoir en double ! Un, c’est largement suffisant ! Je vous taquine Marco,
je vous taquine hein ? Donc, on ne mélange pas tout ça, hein ! Attention ! Hein, déjà qu’avec un rosé pamplemousse, je fais scandale ! Alors ton truc là, n’en parlons pas ! [Rires] Dites moi Roselyne,
quel est le cocktail à éviter pour vous voir en double, vous ? Oh ! Mon chéri, c’est pas l'éviter que tu veux, c’est le prendre pour m’avoir en double ! Je te connais hein ? Oh, celui-ci ! Toujours là pour essayer de m’éviter ! [Rires]
Bon ! Les amis, vous savez comment faire pour me joindre. HappyGayTV.com ! Vous posez vos questions, vos commentaires et puis moi j’y réponds, hein ? Hot-Line de la Roselyne. Oh, bah voilà ! Ça c’est le rosé pamplemousse,
Il n’y a rien à faire, ça vous détraque complètement. [Rires] Allez, à plus tard les chéris ! Oui, en effet, c’est Roselyne de la Hot-Line et non le contraire. Elle dit qu’elle n’a rien pris à sa soirée, chic et choc, moi j’en doute ! Et toi qui nous regarde,
écoute, n’hésite surtout pas. Viens nous laisser ton témoignage, tes questions, tes commentaires sur la Hot-Line, au sujet du chemsex. C’est gratuit et franchement, c’est aussi simple que sur n’importe quel réseau social. Tu crées ton compte et hop, tu enregistres
ce que tu veux en audio ou en vidéo. Et nous, on répondra à tout ça dans une prochaine émission de l’HappyGayTV &You. Et puis tu pourras aussi découvrir les messages des autres followers dans l’espace HappyGayTV Club. Vas y, inscris-toi, c’est gratuit et c’est vraiment la meilleure manière
de nous suivre.
Vos réactions et questions sur le chemsex
Les membres du club HappyGayTV ont été prévenus et sollicités par mail pour réagir à cette émission qu’ils ont pu découvrir en avant-première. Voici donc les messages qu’ils ont laissé sur la Hot-Line. Bonjour, je m’appelle Justinien Hautain. Je suis écrivain belge. J’ai eu l’occasion de voir
le reportage en Preview, consacré au chemsex. C’est un sujet que je connais mal. En revanche, j’ai un ami qui pratique le chemsex et ce que j’observe, m’interpelle profondément. On en parle souvent de ce qui se passe pendant ces soirées,
mais beaucoup moins de ce qui se passe après ! Quand il me téléphone, j’observe un garçon qui en revient épuisé, isolé, en grande souffrance psychologique, avec, comme il dit, un sentiment de vide qui peut durer plusieurs jours puisqu’il peut s’enfermer
dans sa chambre, dans le noir, etc., et s’isoler de tout le monde. Donc, c’est très compliqué. Je pense que cette réalité-là, elle est très, très importante à montrer également. Et justement, ça m’amène à cette question : est-ce que vous ne pensez pas qu’il serait pertinent de commencer à en parler
dans les écoles ? Bon, à partir d’un certain âge, évidemment. Je pense à des adolescents qui vont bientôt entrer dans la vie étudiante, qui vont peut-être boire de l’alcool, etc. On peut leur proposer ce genre de produit directement ou indirectement, évidemment. Donc je pense que ce serait peut-être une bonne idée.
Voilà, c’est une question. Bonjour HappyGayTV. Je voulais vous remercier pour votre reportage sur le chemsex qui était très bouleversant, aussi bouleversant d’ailleurs que le livre de Jean-Luc Romero, que j’ai lu et qui m’a fait beaucoup pleurer. Et donc, je vous conseille vivement
de le lire. Voilà. Bonjour HappyGayTV. Alors j’ai vu le documentaire : Il avait 31 ans de mon ami Jean-Luc Romero. Alors, c’est quelque chose qui m’a beaucoup touchée. Et puis en même temps, c’était très très intéressant parce qu’au-delà de l’idéologie
de la politique, c’est à dire les histoires, il y a des histoires humaines, des histoires d’amour qui parfois finissent mal. Et je trouvais ça très intéressant, parce que c’est un sujet, que moi, je ne connaissais pas bien. Alors, j’ai beaucoup de questions, mais particulièrement, il y en a une.
C’est : si vous rencontrez un proche qui semble utiliser le chemsex, qu’est-ce qu’il faut lui dire pour le décourager, pour l’aider ou l’informer s’il n’a pas conscience de ça ? Et, à partir de quel moment peut-on dire qu'une personne qu’elle a une addiction au chemsex et que ça a dépassé
le cadre récréatif ? Voilà, ma question et bisous à tout le monde. Ciao !
La conversation continue sur la Hot-Line
Voilà, nous répondrons à toutes ces questions dans une prochaine émission de l’HappyGayTV & You. Donc, si tu as d’autres questions concernant le chemsex, n’hésite pas à les poser sur la Hot-Line. Et comme tu l’as compris, inscris-toi au club
pour être tenu au courant de la parution de cette prochaine émission. Le Club HappyGayTV, comme tu l’as compris, c’est la meilleure manière de nous suivre… Allez les petits loulous, je vous aime. Ciao, ciao !
Roselyne : la surprise après le générique
Marco ! La prochaine fois, je vous aiderai à choisir votre parfum, parce que les mélanges c’est pas bon non plus dans les odeurs... Là, ça cocotte dans tout le plateau, je suis à deux doigts d’appeler les pompiers !










