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· Présentation de Marie Cau
Marie Cau : comprendre la transidentité à travers un témoignage essentiel
Il y a des témoignages qui marquent durablement. Non pas parce qu’ils font du bruit, mais parce qu’ils touchent juste. Celui de Marie Cau est de ceux-là. Première maire trans élue en France, elle partage ici bien plus qu’un parcours politique : elle raconte une trajectoire humaine, intime, universelle.
Avant même de lire cet article, prenez un instant pour lancer la vidéo située juste au-dessus. Elle est le cœur de cette page. Tout ce qui suit n’a qu’un seul objectif : vous donner envie de l’écouter jusqu’au bout, et peut-être même d’y revenir.
Marie Cau, une femme élue pour ses idées
En 2020, à Tilloy-Lez-Marchiennes, les électrices et électeurs ont choisi Marie Cau. Non pas pour son identité de genre, mais pour son engagement, sa sincérité et ses idées. Ce vote raconte quelque chose de simple et de fort : la confiance.
Dans son livre Madame le Maire (Fayard), elle l’écrit très clairement :
« J’ai voulu me présenter à des élections et que l’on vote pour moi et pour mes idées. J’y suis parvenue, mais la route a été longue. »
Ce moment politique devient alors un symbole apaisé : celui d’une société capable de regarder au-delà des étiquettes.
La transidentité racontée de l’intérieur
Dans l’émission HappyGayTV, Marie Cau évoque sa transition, réalisée à l’âge de quarante ans, après avoir eu trois enfants. Elle parle du temps long, du doute, du décalage, mais aussi de la libération progressive.
Elle utilise une image saisissante :
« C’est comme si on regardait la télévision en noir et blanc… et qu’on passait ensuite à la couleur, en HD et Dolby Surround. »
À travers ses mots, la transidentité cesse d’être un concept abstrait. Elle devient une expérience vécue, ressentie, expliquée sans jamais chercher à convaincre.
Ce que cette vidéo change dans notre regard
Même si vous pensez que la transidentité n’est pas “votre sujet”, cette émission vous concerne. Parce qu’elle parle d’identité, de miroir, de liberté, de vérité intérieure. De ce moment où l’on comprend qui l’on est vraiment.
Le témoignage de Marie Cau dépasse largement la question du genre. Il nous interroge toutes et tous sur notre rapport à nous-mêmes, aux autres, et à la société.
Roselyne, en réagissant à chaud aux messages des téléspectateurs, apporte un souffle inattendu. Avec beaucoup d’intelligence et un humour fin, elle transforme certains échanges en véritables moments de comédie. Un sketch spontané, hilarant, mais toujours respectueux. Une respiration précieuse qui rappelle qu’on peut parler de sujets profonds sans jamais perdre le sourire.
Le regard médical et humain dans l’émission
Le docteur André Helman, médecin et psychothérapeute, accompagne cette parole avec beaucoup de pédagogie. Il aide à distinguer transgenre, transidentité et transsexualité, sans jargon ni simplification excessive.
Son approche est claire, rassurante, profondément humaine. Elle permet de mieux comprendre, sans jamais juger. Exactement dans l’esprit de HappyGayTV.
Le livre Madame le Maire : prolonger le témoignage
Si la vidéo donne une voix, le livre donne le temps. Dans Madame le Maire, Marie Cau revient sur son adolescence dans les années 70-80, sur des décennies de questionnements, sur la souffrance silencieuse mais aussi sur la reconstruction.
Le livre ne répète pas l’émission : il la complète. Il permet d’entrer plus profondément encore dans ce parcours singulier, avec des mots posés, réfléchis, essentiels.
Beaucoup choisissent de l’acheter avant même la fin de l’émission. Et ce n’est pas un hasard.
FAQ – Comprendre la transidentité à travers les questions que l’on se pose tous
Qu’est-ce que la transidentité ?
La transidentité correspond au fait de ne pas se reconnaître dans le genre assigné à la naissance. Comme le montre Marie Cau, ce ressenti peut apparaître très tôt ou se révéler plus tardivement.
Pourquoi ce témoignage est-il important ?
Parce qu’il est sincère, incarné, et qu’il permet de comprendre la transidentité à travers une expérience vécue.
Quelle différence entre transgenre et transidentité ?
La transidentité décrit l’expérience vécue. Le terme transgenre est plus large et englobe différentes réalités. L’émission permet de mieux comprendre ces nuances.
Peut-on se découvrir trans à l’âge adulte ?
Oui. Le parcours de Marie Cau en est un exemple fort. Se découvrir tardivement ne rend pas l’expérience moins légitime.
Ce sujet concerne-t-il aussi les personnes non trans ?
Oui. Parce qu’il parle d’identité, de liberté et de respect. Des questions universelles, qui nous traversent tous à différents moments de la vie.
Pourquoi regarder cette émission jusqu’au bout
Parce qu’elle est sincère. Parce qu’elle est humaine. Parce qu’elle prend le temps. Et aussi parce qu’un petit moment inattendu t'attend après le générique. Un sourire. Une respiration.
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© HappyGayTV - Octobre 2020 - Février 2026
Transcription de l'émission
Présentation de Marie Cau
[Chanté] : HappyGayTV Tu as beau mettre une robe si vous avez la tête de Jason Statham, ça passe pas, quoi ! Du jour au lendemain, vous arrivez au boulot habillé en femme, je peux vous dire que ça chahute ! Il ne faut plus avoir peur, en fait, si vous avez peur, vous vous créez une réalité négative. Si vous commencez dans le positif, la vie vous sourira ! Aujourd’hui, une femme qui a changé l’histoire,
Marie Cau, la première maire trans de France. Son parcours : une leçon de courage, de liberté et d’amour de soi. Avec le Dr André HELMAN, on ira plus loin : comprendre sans juger, ressentir sans clichés. Vous entendrez aussi vos messages audio et vidéo sur la Hot-Line. Des mots parfois forts, parfois bouleversants. Une émission à ne surtout pas zapper. Parce que aujourd’hui, on parle d’identité,
mais surtout d’humanité. Et bien sûr, le sourire de Roselyne, ses réactions à chaud et celles des followers. - Oui, Roselyne, de la Hot-Line ! Mais, je ne suis pas très contente, Marco ! Mais, on en parle tout à l’heure !
Marie Cau : le courage d’être soi
Bonjour les petits loulous , bonjour à tous ! Aujourd’hui, on reçoit une femme qui a marqué l’histoire, mais surtout une femme qui incarne le courage d’être soi. Vous la connaissez peut être, Marie Cau, la première maire trans de France ! En 2020, dans un petit village du nord de la France, les habitants lui ont fait confiance, pas pour son identité de genre, mais pour ses idées,
son engagement et sa sincérité. Marie a connu le doute, les regards, les préjugés et pourtant elle a avancé. Son parcours, c’est une leçon de liberté et d’humanité. Dans son livre : "Madame le Maire", publié chez Fayard, elle raconte ce long chemin vers la vérité intérieure. Et croyez moi, même si vous pensez que la transidentité n’est pas votre sujet, vous allez être surpris, parce qu’en écoutant Marie, on parle de nous tous, de cette quête universelle,
celle d’être enfin en accord avec soi même. Alors ne bougez pas ! Voici le portrait de Marie Cau. Témoignage !
Découvrir sa transidentité à 40 ans
Je m’appelle Marie Cau, je suis maire de Tilloy-lez-Marchiennes. C’est un petit village rural de 550 habitants dans les Hauts-de-France basé entre Lille, Douai et Valenciennes. J’ai été élue au mois de mars dernier comme l’une des premieres maires transgenres de France. Je suis consultante en informatique. J’ai travaillé pour les grandes sociétés sur Lille, Paris et Bruxelles
et j’ai trois enfants et je vis en couple. Le terme transgenre est plus récent que le terme transsexuel. C’est plus un problème d’identité que de sexe en fait, ce n’est pas lié à l’orientation, c’est bien lié à l'identité. On considère dans le sens général, le terme transgenre. On va considérer plutôt le terme transsexuel, plus pour les gens qui ont fait une opération
de réassignation sexuelle. Mon cheminement, il sera peut-être différent de celui des jeunes aujourd’hui, puisqu’à l’époque c’était très peu connu. J’ai démarré une vie de petit garçon normal. On me dit que tu étais un petit garçon, mais j’ai bien senti que, dès le jeune âge, je n’étais pas comme les autres. D’après mes parents, ça devait être vers l’âge de deux ans où j’exprimais les premières,
les premières émotions. Donc après, ce fut un cheminement, une prise de conscience. Jusqu’au moment où j’ai trouvé effectivement des témoignages de personnes qui étaient comme moi. Et c’est là, assez tardivement où j’ai compris, vers l’âge de 40 ans, j’ai pu mettre un mot sur quelque chose que je n’arrivais pas à identifier.
Aujourd’hui, c’est plus facile pour les jeunes parce qu’il y a Internet, il y a beaucoup de médias qui en parlent. Mais moi, à l’époque, on n’en parlait pas. On présentait le monde d’une façon très binaire, donc, je ne comprenais pas. Donc, cette prise de conscience a été progressive sur mon identification intérieure et puis après, mettre un mot dessus.
Après, toute la difficulté dans notre société, c’est qu’on n’est pas accepté. Donc, si on fait une transition rapide, on perd son travail, on perd sa famille, voilà, c'est une situation difficile. J’essaie de composer entre ma vie familiale, professionnelle et ma transidentité. Alors, c’est très difficile à expliquer parce que si je vous demande d’expliquer ce que c’est que la joie, l’amour,
vous n’arriverez pas à le faire. Là, c’est un sentiment d’être. Tout ce qu’on peut faire, c’est des analogies. Moi, je prends souvent l’analogie :
À quoi ressemble le mal-être trans ?
imaginez qu’on vous demande de vous habiller avec des habits que vous n’aimez pas, de vivre avec des gens que vous n’aimez pas, de faire des activités que vous n’aimez pas, de manger des choses que vous n’aimez pas. Est-ce que la vie est possible ? Oui ! Mais est-ce-que vous serez heureux ? Non ! C’est un peu ça !
C’est un sentiment d’être, où on n’est pas à sa place, on ne fait pas ce qu’on a envie. Donc, on a une vie en noir et blanc. Puis un jour on décide de passer en Dolby et couleur. Voilà... Haute résolution... C’est une image un peu simpliste, mais, c’est difficile d’expliquer que c’est un sentiment d’être. C’est vrai qu’on se sent contrainte au changement parce que la situation
ne nous plaît pas. Mais, c’est compliqué parce qu’on vous enferme dans un rôle et il faut arriver à dépasser sa peur de sortir de ce rôle. Et ça, ce n’est pas forcément inné. Alors, il y en a qui arrivent rapidement, il y en a, c’est la fuite, il y en a, c’est le suicide, mais c’est pas évident, en fait. C’est vraiment un sentiment d’être, un sentiment de privation de liberté.
C’est la pire des privations, en fait ! C’est l’histoire des souris de Laborit. On fuit, on se bat ou on s’autodétruit. C’est exactement ça qui se passe. Certaines personnes qui sont bloquées dans leur milieu familial, avec une pression sociale, parfois affective très forte. La peur de décevoir, la peur d’être montrées du doigt. Pour ces gens-là, il n’y a pas d’échappatoire.
Donc, le suicide permet de mettre un terme à des souffrances. Il y a quelques années, je me suis dit : "mais ça y est,
Se sentir enfin libre d’être soi
là je suis libre" ! Ça fait drôle, quand vous avez 40 ans et que vous vous rendez compte que vous éprouvez la première fois dans votre vie un sentiment de liberté. La transidentité, c’est une privation de liberté. On vous prive d’être vous-même. Les raisons sont purement biologiques. Le cerveau est sexué, donc on subit une imprégnation hormonale in utero, qui fait qu’on pense en homme, ou on pense en femme.
Mais vous pensez en femme et on vous dit que vous êtes un homme. Donc, forcément vous avez un conflit permanent qui peut se résoudre que par un malaise. Je pense que c’est purement biologique. On ne devient pas gay, on est gay ! On est trans, on est né comme ça ! Après, on assume, ou on n’assume pas ! On le comprend ou on ne le comprend pas,
mais on ne devient pas, on est ! Quand les gens comprendront que c’est purement biologique, on pense en homme et on pense en femme parce que notre cerveau a été imprégné d’hormones dans le stade in utero, et bien voilà, les choses deviennent plus simples. Parce que beaucoup de gens ignorent, c’est que tous les êtres humains, jusqu’à la 13ᵉ semaine, sont des femmes.
Voilà ! C’est assez surprenant. Donc, tant pis pour les machos, mais les treize premières semaines de votre vie, vous avez été une femme. Après, il y a un mécanisme de différenciation sexuelle qui fait que le sexe se transforme pour devenir un sexe d’homme. Mais à l’origine, on part tous d’une base féminine. Et, lors de cette transformation, vous avez aussi une imprégnation hormonale
qui fait que le cerveau va se configurer pour penser en homme, pour être attiré par des femmes ou par être attiré par des hommes suivant le sexe. Et parfois, ce mécanisme-là, n’opère pas complètement. Moi, c’est mon analyse, c’est ce que j’en ai compris. L’habillement est important dans le sens où c’est le miroir
Transition, miroir et regard des autres
que renvoient les autres. Ça permet de se voir soi-même. Le miroir des autres, ou le miroir de la salle de bain, aide notre cerveau à s’identifier, à se réconcilier. Parce qu’on pourrait très bien dire : " Moi, je suis habillé en homme, je dis je suis une femme et puis ça va, ben non" ! Parce que si vous ne vivez pas en femme, vous ne pouvez pas être heureuse.
C’est compliqué, l’histoire, l’histoire du miroir. Le changement, je l’ai fait très progressivement, parce qu’aujourd'hui, on a une possibilité d’avoir une mode unisexe. Aujourd’hui, vous mettez un sweat-shirt, un jean slim, des baskets… Bon ! Vous faites ni masculin, ni féminin. Donc, je suis d’abord passée par des stades comme ça, un peu neutre, puis un peu plus androgyne.
Jusqu’au moment où, je me suis rendu compte, que je commençais à subir de l’homophobie. Parce que dans l’esprit de beaucoup de personnes, un homme efféminé, c’est un homosexuel ! Donc, j’avais des propos, des regards, des attitudes extrêmement agressives à mon égard. Donc, là, j’ai basculé en mode, mode féminin complet. La société veut mettre les gens dans des cases, l’entre deux, les gens n’aiment pas en fait.
Donc, il vaut mieux rentrer dans une case femme que de rester dans une case neutre, androgyne, qui suscite beaucoup plus l’agressivité, en fait ! Vous êtes une femme parmi les femmes. Donc, maintenant, effectivement, je suis beaucoup plus tranquille. Il y a deux types d’évolution : il y a ceux qui font un peu le big bang, on s’est contenu pendant des années, et on fait un big bang et du jour au lendemain, on bouleverse complètement sa vie.
Moi, ça n’a pas été mon cas. Je l’ai fait progressivement, en cherchant toujours à mieux être. Quand j’obtenais ce mieux-être. Et puis au bout d’un moment, c’était insuffisant, il fallait aller un peu plus loin. Donc, c’est avec jamais la possibilité de revenir en arrière. Ce qui a permis aussi de gérer la transition au niveau de mon entourage.
Faire sa transition avec son entourage
Parce qu’une transition, c’est aussi l’entourage ! Ça, beaucoup de transgenre, l’oublient, c’est qu’ils ne sont pas seuls. Il y a une société, il y a un environnement de travail, il y a une famille. Voilà ! Vous changez complètement, vous bouleversez les règles, les règles sociales. Donc ça, ça se gère. Donc, moi, je l’ai fait progressivement comme ça
et ça s’est plutôt bien passé. Je pense que le coming out est différent chez les gays et les trans. Un homosexuel, ça ne se voit pas sur son visage, quoi ! Donc, ça peut être une surprise complète vis-à-vis de son entourage. On peut très bien avoir une vie privée très discrète, et puis l’annoncer et faire cette notion de coming out. Chez un trans, souvent c’est très progressif, il y a toujours des signes, une façon d’habiller.
Donc, en règle générale, l’entourage s’y attend un peu. En règle générale. Maintenant, vous avez des personnes qui se sont contenues pendant longtemps et ils font l’équivalent d’un coming out. Du jour au lendemain, elles s’habillent en femme, etc. Ce qui est pour moi est extrêmement dangereux. D’une part, ça bouleverse l’entourage et d’autre part, une féminisation,
ça ne se fait pas du jour au lendemain. Les traitements d’hormones, ça prend du temps. Du jour au lendemain, vous arrivez au boulot habillé en femme. Je peux vous dire que ça chahute ! Je pense que j’ai une famille assez ouverte. Il n’y a pas eu vraiment de discussion là-dessus. Comme dit ma mère, même si on ne comprend pas, si on n’a pas l’intelligence, on doit avoir le cœur. Donc, je pense qu’ils n’ont pas forcément compris, mais faisant partie de la famille, on fait avec, voilà !
Il y a une solidarité familiale. Donc, on n’a jamais vraiment débattu, peut-être avec une personne ou deux, mais c’est tout. Les gens, on fait avec, en fait, avec beaucoup de tolérance. J’ai posé une fois la question à mes enfants. Ils m’ont dit : “bah on s’en fout, on t’aime”. Ça résume tout ! Par contre, oui, j’ai quand même quelques personnes, dans la belle famille, qui se sont détournées.
Je n’étais pas assez présentable. Mais globalement, ça va... Honnêtement, je m’en fous ! Je passe mon chemin et je vais vers les gens qui m’aiment et puis ça me suffit.
Médecine, hormones et chirurgie
Donc, aujourd’hui, le problème se pose moins. Mais, à mon époque, vous étiez classés malades psychiatriques. Je suis né en 65, donc, j’étais jeune dans les années 80, donc, c’était il y a 40 ans. Imaginez l’évolution qu’a fait la médecine en 40 ans ! Le corps médical était très hostile, donc, c’était compliqué, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. De ce qu’on vous proposait éventuellement,
c’est une thérapie pendant deux ans pour vous expliquer qui vous êtes ! Donc, on n’était pas vraiment aidé. Donc, moi, j’ai dû faire un cheminement seul. Donc, ça se fait sur plusieurs plans. Ça se fait par beaucoup d’opérations chirurgicales, esthétiques, financées entièrement par moi-même. J’avais ce privilège de pouvoir le faire, ce qui n’est pas le cas de jeunes trans qui, eux, sont dans l’impasse. La chirurgie esthétique permet de retirer les ravages
que fait la testostérone : c’est-à-dire la masse osseuse qui se développe, les cartilages qui se développent. Ce qui nous donne des traits typiquement masculins. Tu as beau mettre une robe, si vous avez la tête de Jason Statham, ça ne passe pas quoi ! Donc, il faut forcément "démasculiniser" le visage, pour pouvoir passer, ce qu’on appelle le passing. La plupart des transgenres, tout ce qu’ils veulent, c’est de passer inaperçus. Ils ne cherchent pas à être la super bombasse !
Non ! Donc, pour ça, la chirurgie esthétique, oui, elle est nécessaire... Ce qui n’est pas le cas, des transgenres hommes où là, c’est la testostérone qui va les transformer en hommes de manière impressionnante. Ils n’auront pas à passer par cette case chirurgie, pour le faciès. Effectivement, beaucoup
Être trans change-t-il l’orientation sexuelle ?
de personnes pourraient penser que je suis lesbienne ! Pour moi, ça n’a pas de sens. J’ai toujours aimé les femmes, quelle que soit mon identité, mon orientation ne change pas. Donc, j’aime les femmes. Puis, je m’attache pas tellement au sexe de la personne, plus à ce qu’elle est, quoi ! Et là, j’ai une femme merveilleuse qui vit avec moi, donc, c’est que du bonheur ! Mais, dans la rue, oui, les gens voient
un couple lesbien, oui, tout à fait !
Transidentité et cheminement spirituel
Le cheminement sur la transidentité, c’est aussi un cheminement spirituel. On casse les codes, mais on casse aussi tout ce qui est important chez l’homme où la sexualité, c’est important, l’identité… Donc, j’ai beaucoup lu les livres anciens, Le Banquet de Platon avec les androgynes. Pour ceux qui connaissent... Les livres saints… Donc, j’ai cherché des réponses, parfois dans la philosophie ancienne,
qui est parfois plus moderne que ce qu’on voit aujourd’hui, à la télé ! Nietzsche aussi, avec le “Deviens qui tu es”, qui m’a un peu interpellée. Après, je suis passé effectivement sur de la maxime, qu’on trouve, je crois que c’est sur le temple de Delphes, ça doit être : “Connais-toi toi-même et tu connaîtras les hommes et les dieux. Alors, le "connais-toi toi-même", effectivement, c’est ce que j’ai cherché à faire, parce que je ne comprenais pas le trouble qui m’habitait.
Je ne comprenais pas ma différence. Donc, j’ai appris à me connaître. De ce fait-là, j’ai appris à connaître les autres. Parce que, quand on se connaît soi, on comprend mieux les autres. Donc, le connais-toi toi-même et tu connaîtras les autres, c’est tout à fait vrai ! Et tu connaîtras les dieux… Donc, c’est vrai que ça m’a permis un développement spirituel, puisque j'ai été au-delà de tout ça,
et ça m’a permis d’approcher effectivement des notions liées à la spiritualité. Je suis passé sur un cheminement qui a été d’abord un rejet des religions, puisque les religions, qu’elles soient catholiques ou musulmanes, ont fait beaucoup de guerres, ont fait beaucoup de morts ! Des religions qui prônent la paix, qui ont été les plus grands artisans des guerres et des massacres depuis… Alors on dit : “c’est plus vrai" ! Ce qu’on voit aux informations, si, c’est toujours vrai, malheureusement ! Et puis, je ne peux pas adhérer à une religion qui dit
que je suis une abomination ! D’un rejet des religions, je me suis rendu compte que les religions s’étaient approprié des croyances, et qu’on peut être croyant sans être religieux. Donc ça, c’est extrêmement important. Donc, aujourd’hui, quand je dis je suis croyante, on dit : “Ah, tu es catholique" ? Non, je suis croyante, mais je ne suis pas catholique ! Pour moi, l’Église catholique est la plus grande fabrication d’athées du monde !
Encore quelques siècles de catholicisme, on sera tous athées ! Donc, c’est très dur ce que je dis, mais quand on voit encore aujourd’hui ce qui se passe, je pense qu’ils n’ont toujours pas compris. 1 million et demi de personnes dans les rues contre le mariage pour tous, c’est affligeant ! Que ce soit au niveau des concepts religieux, d’aimer son prochain, et d’être dans la compassion et le pardon, ou que ce soient
les valeurs de la République : Liberté, Égalité, Fraternité. Je n’ai rien vu de tout ça ! J’ai vu 1 million et demi de gens avec de la haine, et qui étaient des gens religieux. Donc, aujourd’hui je prétends être croyante, mais pas religieuse. De ce fait-là, j’ai redécouvert des valeurs, des choses qui sont importantes. J’ai découvert un petit peu des traits communs
dans beaucoup de religions. J’ai retrouvé le message aussi du Christ, dans les évangiles. Donc, pour moi, les évangiles sont devenus beaucoup plus lisibles depuis que j’ai quitté ce formatage catholique. Comme j’avais un formatage patriarcal, j’ai dû apprendre à me déformater de ça, et je me suis déformatée aussi, d’une vision catholique du monde, où il y a beaucoup d’hypocrisie, beaucoup de jugements, beaucoup de haine aussi !
Je me suis réconciliée avec la croyance, avec les messages d’amour et de paix qu’on trouve dans les évangiles. Il y a une phrase de Saint Jean qui me plaît le plus, c’est : “Dans la vérité, tu t’affranchiras". Donc, effectivement vivre dans le mensonge vis-à-vis des autres ou de soi même, vous ne pouvez pas être heureux. Ça vous prive de liberté. Donc, effectivement, ça, ça s’applique à tout le monde. Soyez vrai, avec vous, avec les autres.
Ne traînez pas des boulets dans la vie. Donc, je suis aussi très respectueuse de la pensée musulmane, même si je pense que l’islam est une religion théocratique et pas du tout démocratique. J’ai redécouvert ça, et ça m’a permis d’évoluer. Et depuis que je suis rentreé dans une vision beaucoup plus positive du monde, les choses semblent s’arranger, aller mieux.
Ne plus avoir peur d’être soi
Avant, je devais me cacher, maintenant, je n’ai plus à me cacher. Toutes les choses s’arrangent parce que je pense qu’il ne faut plus avoir peur, en fait ! Si vous avez peur, vous vous créez une réalité négative. Si vous commencez dans le positif, vous verrez arriver vers vous des gens positifs, des opportunités de la vie. La vie vous sourira, et ça c’est hyper important ! Mais effectivement, aujourd’hui, ma vie s'est basée sur le pardon, la vérité, la bienveillance.
Alors, je ne dis pas que c’est parfait tous les jours, mais en ayant ça à l’esprit, bizarrement vous récoltez des fruits. Et je dis souvent mes enfants : “soyez égoïstes, soyez bons, faites le bien, vous verrez, vous en obtiendrez plus” ! Je leur dis aussi que dans la vie, il faut être généreux. Si vous êtes généreux, la vie sera généreuse avec vous. Et, depuis que j’ai cet état d’esprit-là, qui n’est plus basé sur la peur de :
"Ah, j'suis trans, qu’est-ce qu’on va dire, je vais me faire rejeter". C’est le contraire ! Aujourd’hui tout le monde m’aime, tout le monde vient vers moi, et la vie me sourit. Donc, ça c’est vraiment un message : il ne faut pas avoir peur ! Je pense que la spiritualité et mon évolution spirituelle m’ont permis justement d’être dans un état d’esprit, qui a fait
que j’ai osé me lancer dans les élections, que j’ai réussi à conquérir les cœurs, sur le discours. À partir du moment où vous changez ce que vous avez au fond de vous-même, vous transmettez cette envie, cette joie. Et aujourd’hui, les gens, quand ils me voient, oui, ils sont… ils ne me rejettent pas, au contraire ! Donc, ce cheminement a été à la fois physique et spirituel. Quel parcours, quelle force, quelle humanité !
Marie nous montre qu’avancer c’est un combat, mais aussi un chemin vers soi, plein d’espoir, plein de lumière. Partage ce reportage, fais le tourner partout ! Sur tes réseaux, par message, par mail, fais le vivre ! Chaque partage est une main tendue, une voix qui compte. Et puis, exprime-toi ! Envie de réagir, de témoigner, de dire en quoi
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Va sur la Hot-Line, enregistre ton message, et on publiera ton message dans le club HappyGayTV. Et si ton partage est éclairant, et il le sera, on pourra même le faire entendre dans une prochaine édition de l’émission HappyGayTV & You. Et tu seras prévenu par mail, dès que ça va sortir. Bref, viens, ce que tu vis est précieux et ça peut aider tellement de monde !
Le regard du Dr André Helman
André HELMAN, bonjour ! Vous qui accompagnez souvent des personnes en questionnement sur leur genre, qu’est-ce que vous retenez, vous, du parcours de Marie CAU ? - Bonjour Marco ! Je précise avant tout que je m’exprime ici, en mon nom personnel, pas au nom d’une institution ou d’une association quelle qu’elle soit, et encore moins au nom de la science ! Je fais part de mon expérience personnelle.
Donc, pour ce qui concerne l’interview de Marie CAU, je dois dire que j’ai été assez impressionné par sa forte personnalité, et par la façon, finalement très positive, dont elle présente cette expérience qui a été forcément en partie, en grande partie douloureuse pour elle, et dont elle s’est merveilleusement sortie ! - André, une question toute simple, mais essentielle. Quelle différence faites-vous entre
Transgenre, transidentité, transsexuel : quelles différences ?
transgenres, transidentité et transsexuels ? Parce que... on entend souvent ces mots parfois mal employés, et ça mérite qu’on les distingue clairement. - C’est vrai que tout ce vocabulaire est source de confusion pour beaucoup de gens. On a parlé pendant très longtemps de transsexuel. En fait, c’est un terme médical, ça a été inventé par des médecins, il y a très longtemps, il y a une centaine d’années.
À l’époque, ça n’avait rien à voir avec le fait de subir ou non une opération de réassignation sexuelle, pour la simple raison que ça n’existait pas, quasiment pas. Simplement, c’était une façon médicale de construire un terme. Et de la même façon, c’est un médecin qui a construit le terme homosexuel. Le terme homosexuel,
on n’a pas trouvé d’alternative jusqu’à présent, sauf gay, pour les hommes et pour les femmes lesbiennes. En anglais, on utilise gay pour les hommes et les femmes. Surtout, aujourd’hui, on parle de transidentité, pour désigner le phénomène, et de transgenre pour désigner les personnes. Pourquoi ? Parce que ça n’est pas une question de sexualité. Donc, le mot transsexuel, eh bien, il fait planer un doute ! Est-ce qu’on parle de sexualité, ou est-ce qu’on parle de genre ?
Donc, il vaut mieux l’éviter, d’une part, et d’autre part, la question de l’opération, de réassignation sexuelle, est quelque chose d’extrêmement personnel et intime. Aujourd’hui, la plupart des personnes trans considèrent que personne n’a à savoir, si elles ont été opérées ou pas. Certaines peuvent en parler, c’est leur droit, bien entendu ! Mais beaucoup ne veulent pas en parler, c’est leur intimité ! J’ai souvent entendu cette phrase : "Mais, personne
n’a à regarder ce qu’il y a dans ma culotte" ! Et ce qu'il me paraît parfaitement légitime et très respectable. Donc, du coup, parler de transsexuels pour évoquer que quelqu’un a été opéré ou pas, et bien en fait, c’est dévoiler une intimité que la personne peut légitimement ne pas vouloir dévoiler. Donc, il me paraît plus juste aujourd’hui, et c’est le point de vue de la plupart des personnes trans,
de parler de transgenre et de transidentité.
D’où vient le mal-être des personnes trans ?
- Marie CAU a décrit son mal-être d’une façon très parlante. Elle dit : “C’est comme si on regardait la télévision en noir et blanc et qu’on passait ensuite à la couleur en HD Dolby surround”. Est-ce que vous partagez cette image ? Comment vous la comprenez, vous, en tant que thérapeute ? La plupart des personnes transgenres que je rencontre, parlent de ce mal-être qui est lié au fait qu’ils se sentent appartenir à un genre
qui n’est pas celui qu’on leur a assigné à la naissance et celui dans lequel on les reconnaît, dans lequel leur famille, leurs proches, leur entourage, leurs collègues, s’ils travaillent, les reconnaissent. Et ça provoque un très grand mal-être, parce qu’ils ont toujours l’impression d’une certaine façon, de mentir ! C’est comme si, ils ne pouvaient jamais, se montrer comme ils sont !
Ils font semblant, plus ou moins, d’appartenir au genre dans lequel on les attend. Ils sont bien obligés de se comporter pour que, autour d’eux, leur famille, leurs proches, voient une fille ou une femme alors qu’ils ne se sentent pas, elles ne se sentent pas, ils ne se sentent pas fille ou femme. Le mal-être, il est lié à ça, à ce décalage entre ce que ressentent les personnes trans, et ce que leur entourage attend d’elles. - Elle parle aussi d’un aspect plus biologique.
Pourquoi est-on trans ? Ce que l’on sait
Selon elle, la transidentité serait liée à un déséquilibre hormonal pendant la gestation. Vous validez cette idée ou est-ce plus complexe que ça ? Alors, c’est une théorie. Elle semble, elle, avoir adopté cette théorie, ce qui est parfaitement son droit. Mais, c’est une théorie parmi d’autres. En fait, d’après mes connaissances, aujourd’hui, on ne sait pas pourquoi une personne est trans,
de même qu’on ne sait pas pourquoi une personne est hétéro ou homosexuelle ou bisexuelle. Il y a des quantités d’hypothèses. Il y a eu des quantités de recherches qui ont été faites. Aucune n’est vraiment concluante, à mon sens. On ne peut pas de façon définitive, dire que c’est une question hormonale et que comme elle dit, on pense en homme
ou on pense en femme, parce qu’il y a eu une imprégnation hormonale. Moi, je n’en suis pas sûr ! Mais, je ne sais pas... Je ne pourrais pas affirmer non plus le contraire. - André, vous qui êtes psychothérapeute, pensez-vous qu’il existe une pensée féminine et une pensée masculine comme le suggère Marie ? Ou est-ce que, au fond, la pensée, c’est juste quelque chose de différent en fonction de chacun ?
- Ça n’est pas ma façon en tout cas de voir les choses. Je comprends que ce soit la sienne. Je pense qu’on se sent homme, ou on se sent femme. Maintenant, la pensée qu’on peut appeler masculine ou la pensée qu’on peut appeler féminine, ça veut dire qu’elle correspond plus ou moins au stéréotype masculin ou féminin de la société. Et c’est très variable d’une personne à une autre ! Moi, je vois beaucoup de personnes qui ne remettent pas en cause leur genre de naissance,
le genre qu’on leur a assigné à la naissance, mais qui ont une façon de penser qui ne correspond pas à ce qu’on attend, à ce que la société attend de quelqu’un de ce genre-là ! Donc, c’est complexe. - Parlons un peu du miroir, André.
Le miroir et la dysphorie de genre
C’est une image qui revient souvent. Est-ce que ça ne se joue pas aussi dans le reflet qu’on voit de soi ? Et si le miroir n’existait pas ? Le mal-être des personnes trans existerait-il quand même ? Ou… enfin, qu’est-ce que vous en pensez ? - Oui, la transidentité existerait mais pas la souffrance ! Je pense que la souffrance qui l’accompagne ou le mal-être est bien lié au miroir de la salle de bain et au miroir de l’autre.
Alors, il n’y a pas que le miroir de la salle de bain, parce qu’il y a aussi des sensations physiques. La plupart des hommes trans disent combien le fait d’avoir des seins est gênant pour eux, parce que ils sont… ils ont été assigné fille à la naissance, ils sont allés jusqu’à la puberté, leur poitrine a poussé et ça les dérange beaucoup, beaucoup, beaucoup. Ce n’est pas seulement parce qu’ils voient leur poitrine, parce qu’ils la sentent !
Ce n’est pas du tout… il n’y a pas que les questions de regard. Les personnes transgenres souffrent de sensations physiques qui sont contraires à l’image, donc là, on retrouve le miroir, que les autres attendent d’elles. Et évidemment soi-même, chaque personne trans a aussi des attentes envers elle-même, en fonction du genre qui lui a été assigné à la naissance. Il n’y a pas que l’extérieur, mais le regard des autres, c’est quand même ce qui pèse le plus.
Adolescence : mal-être ou transidentité ?
- À l’adolescence, on traverse tous un moment de rejet de son corps. Il change, on ne se reconnaît plus toujours. Mais alors, quelle est la différence entre ce malaise passager et la véritable souffrance d’une personne trans ? Les ados trans ont-ils plus de mal à franchir ce cap ? - Je pense que c’est deux choses différentes, mais en effet , qui se ressemblent beaucoup.
Pour une personne qui n’est pas transgenre, on parle à ce moment-là de personne cisgenre. On dit : un homme cisgenre ou une femme cisgenre. Bon, on dit souvent maintenant un homme cis, ou une femme cis. Donc, quelqu’un qui se sent à l’aise dans son genre de naissance, souvent ne va pas se sentir à l’aise dans son corps à la puberté, ce qui est tout à fait autre chose ! Ça ne veut pas dire que la personne remet en cause son genre mais la façon dont son corps se transforme,
souvent dérange l’adolescent ou l’adolescente. Mais, c’est autre chose que la remise en cause du genre. La jeune fille adolescente qui voit ses seins pousser, qui voit les formes de ses hanches se transformer. Ça peut la déranger, en particulier parce que ça correspond à une image de la femme avec laquelle aujourd’hui, beaucoup de jeunes filles ne sont pas d’accord. L’image de la femme dans la société machiste, société patriarcale, dont elles ne veulent pas.
C’est une des raisons, mais ce n’est pas la seule. Ça peut aussi être que la forme de leur corps ne leur plaît pas, mais elles ne remettent pas en cause, le fait d’être une fille. Elles ne se disent pas pour autant : "Je me sens garçon". C’est très différent ! Alors, que la personne trans, quand son corps va se transformer au moment de l’adolescence, là, ça va être bien pire que ce qu’elle ressentait avant. Parce que son genre de naissance va se voir de façon évidente et elle n’a pas envie
que ça se voie, puisqu’elle ne se sent pas, elle ne se sent pas conforme à ça. Donc, ce sont quand même deux choses différentes, même si les deux se produisent à l’adolescence et se présentent de façon proche.
- Marie parle beaucoup de liberté. Selon vous, André, qu’est-ce qu’elle veut dire par là ? Et au fond, c’est ça votre message aussi ? Assumer qui on est pour vivre mieux ? - Je pense que c’est très, très juste ce qu’elle dit sur ce sentiment de liberté. C’est très touchant d'ailleurs ! Ça m’a, ça m’a touché ! Quand elle dit combien elle s’est sentie libre,
quand elle s’est pleinement assumée comme femme. Elle dit qu’elle est passée d’un monde en noir et blanc à un monde en couleur, que tout à coup, elle s’est sentie libre à 40 ans ! Je pense qu’en effet, une personne trans qui ne s’autorise pas, qui n’arrive pas à s’assumer, qui ne peut pas s’assumer, parce que c’est très difficile socialement, va vivre en permanence dans la contrainte.
Elle doit tout le temps se contraindre à paraître comme les autres veulent qu’elle soit, ou attendent qu’elle soit, et non pas comme elle sent qu’elle est. Donc, tout à coup, quand on arrête de paraître comme les autres voudraient, il y a un sentiment de liberté absolument formidable qu’on peut tout à fait comparer au sentiment de liberté des personnes homosexuelles lorsqu’elles s’assument pleinement, alors que jusque-là, elles faisaient plus ou moins semblant
d’être hétérosexuelles. - Donc, votre conseil, c’est que tout le monde doit s’assumer pour vivre mieux ? - "Doit", je ne dirai pas, mais je pense que plus on s’assume, mieux ça vaut, oui ! Je pense que ne pas s’assumer comme on est, et faire semblant d’être quelqu’un d’autre, c’est une source de souffrance et de tension permanente.
La spiritualité peut-elle aider ?
- Elle parle aussi de spiritualité. Ce cheminement intérieur, vous pensez qu’il l’a aidée à se construire ? Et vous, André, sans être guide spirituel, vous sentez que cette dimension peut vraiment aider ? - Non, non ! Bien sûr, je ne vais pas du tout me placer d’un point de vue religieux. D’ailleurs, elle rejette, elle-même, très, très catégoriquement les religions, ce que je comprends.
J’admire beaucoup ce chemin qu’elle a fait, parce qu’elle a fait un double chemin. Elle a fait un chemin de libération de son genre jusqu’à s’assumer pleinement comme la femme qu’elle est. Et puis, parallèlement, elle a fait un chemin spirituel qui l’aide énormément, qui l’aide à s’accepter comme elle est, et qui l’aide à accepter les autres comme ils sont, aussi. C’est ce qu’elle dit.
Et ça, je crois que c’est vraiment essentiel ! Toutes les personnes qui font un chemin spirituel, qui conduisent à ce type d’état, de paix intérieure, ont beaucoup plus de chances d’être épanouies et heureuses. Et elle en donne un très bel exemple. Pour moi, ça n’a pas de lien évidemment direct avec le fait qu’elle soit une femme trans. - Et puis, une dernière question, un peu délicate
Une femme trans qui aime les femmes est-elle lesbienne ?
mais qu’on se pose tous : quand Marie avait un corps d’homme. Elle aimait les femmes. Aujourd’hui, c’est une femme et elle aime toujours les femmes... Alors, est-elle devenue lesbienne ? - C’est une question que tout le monde se pose. Elle, elle dit : "Non", parce qu'elle dit : “J'ai toujours été attirée par les femmes. Il se trouve qu’aujourd'hui, j’ai une compagne
avec qui je suis heureuse, qui m’aime, que j’aime et c’est formidable, mais ce n’est pas pour autant que je suis lesbienne”. En effet, cette question de gay ou lesbienne, elle ne se pose que si on coupe la société en deux. Ce que refusent de faire justement les personnes transgenres. Pour les personnes transgenres, il n’y a pas juste une binarité, homme d’un côté, femme de l’autre. De même que pour beaucoup aujourd’hui
de penseurs et de chercheurs des études de genre. Il ne s’agit pas de mettre une étiquette gay ou lesbienne. Mais simplement, de savoir qu’on est attiré par tel ou tel type de personne. Et ça peut d’ailleurs changer, aussi ! On ne peut pas dire qu’elle devient lesbienne, parce que je ne crois pas qu’on puisse devenir lesbienne ou qu’on puisse devenir gay ! Elle a toujours aimé les femmes. Elle continue à aimer les femmes en étant femme, donc elle le dit bien : de l’extérieur,
on voit sa compagne à elle comme un couple lesbien. Elle, elle n’a pas changé ! Elle n’est pas devenue autre que ce qu’elle était. Je pense que ces étiquettes, elles tombent dans ces conditions-là. Les personnes transgenres nous amènent à remettre complètement en cause, en question, la binarité de genre homme-femme, et la binarité d’orientation sexuelle, hétéro ou homo. Et c’est très intéressant ça, ça nous fait réfléchir ! Ce n’est pas facile, c’est très inconfortable !
C’est une des raisons pour lesquelles, elles sont rejetées, c’est qu’elles provoquent cet inconfort. - Merci André ! N’hésite pas, toi qui nous regardes, à nous laisser tes questions et tes commentaires sur la Hot-Line. On y répondra lors d’une toute prochaine émission de l’HappyGayTV & You, et tu pourras aussi les découvrir dans le club HappyGayTV. Alors, inscris-toi, c’est encore la meilleure manière de nous suivre.
Je pensais que nous allions tous retrouver maintenant
Roselyne répond à vos questions
le sourire légendaire de Roselyne, mais on me dit, à l’oreillette, qu’elle est toujours de très mauvaise humeur... Alors, dites-moi Roselyne, je croyais que vous alliez démarrer cette nouvelle saison du bon pied, mais apparemment, ça n’est pas le cas ? - Mais non, Marco ! Enfin non, je ne suis pas contente ! Regardez-moi ça ! Je me suis dit, saison 2 c’est signe de moulures,
de dorure, de biture au champagne, Marco ! Mais alors là ! Une salle immense, une table de camping ! Enfin, vous vous fichez de moi, ou quoi ? Moi, je pensais être là, digne d’un château de Versailles ou quelque chose comme ça ! Alors, vous me dites oui, c’est parce que vous prenez tellement de place sur HappyGayTV que… non, non, non, non, non ! Moi, je veux des choses grandioses, à la taille de mon aura, Marco !
Vous le saurez pour la prochaine fois ! Oui, oui, c’est pas la peine de dodeliner de la tête comme ça ! - Allez, on enchaîne ! - Bien, donc on y va pour la première question, hein ? Et il s’agit de Eléonore de Montcuq dans le Lot ! Et oui, attention la ville hein ! Par ailleurs, Marco... Je vous vois venir, hein !
Ça y est, on commence la saison 2, vous avez toujours votre air salace, vous, hein ! C’est terrible ça, c’est terrible ! Alors, Roselyne, j’ai découvert ma transidentité à 50 ans, est-ce trop tard pour commencer à être moi-même ? Trop tard ? M’enfin… Mon bébé, regarde Marie Cau ! Regarde, elle, elle a fait sa révolution après 50 ans. Bah, alors !
Et ceci dit, moi, j’ai commencé la mienne à 42 ans ! Ben oui ! Marco, lui, il n'a jamais survécu à certaines robes ! Hein Marco ? [Rires] Non, il n’y a jamais d’âge pour briller avec excellence. Voilà, c’est comme ça que ça se passe. À bientôt, Eléonore. - Roselyne ? - Oui ! - Depuis que je vous observe, je me dis qu’il y a
un truc fondamental qui a changé. Mais quelle pilosité ? - Ah oui ! Bon, ben parlons de ce qui me bouleverse vraiment ! Vous avez raison, Marco ! J’ai pris des hormones mâles, figurez-vous, parce que je voulais atteindre la spiritualité ultime, la… la Marie CAU attitude, comme on dit ! Mais, regardez ça ! Je me suis dit : hop, un petit cachet
et puis la sagesse me tombe dessus ! Qu’est-ce que j’ai gagné ? Toujours du monde au balcon, pas la moindre apparition, même pas un micro pénis de secours ! Oh non, ah non, vraiment ! Juste que je dois me raser tous les matins, ça coûte cher en mousse à raser, je vous le dis, moi, Marco, hein ! Hein ! Bon allez, on enchaîne, c’est pas grave, Vous savez quoi ?
J’atteindrai la sagesse ultime un peu plus tard. Voyez ce que je veux dire ! Alors, on a une deuxième question, une question de Benjamin dans Condom. Je ne sais pas ce que ça veut dire... C’est une ville dans le Gers ! Roselyne, je découvre que je suis transgenre. Est-ce trop tard, pour moi ? Marie Cau l’a montré, il n’est jamais trop tard ! Mais oui !
Il faut s’affirmer ! Moi, vous savez, quand j’ai sorti mon ventilateur à paillettes, Marco, il a fait une crise cardiaque ! Qu’est-ce qui lui arrive à celle-là ? [Rires] Non, non ! Il faut toujours s’assumer à n’importe quel âge. L’important, c’est avoir du panache, comme on dit, hein ! Et des paillettes, ça, ça aide toujours, hein Marco ? - Et avec vous, les paillettes, il en faut quelques kilos,
que dis-je... quelques centaines de litres ! - Dis-donc, qu’est-ce que ça veut dire ça, Marco ? Bah non, je ne vais pas relever, je ne vais pas relever... Faites bien attention, je vous ai à l’œil, Marco ! Petit rappel, s’il vous plaît, mes chéris, ici le site s’appelle HappyGayTV, d’accord ? On n’est pas sur service-public.fr ! Non, non parce que, alors j’ai des demandes, je n’y comprends plus rien, Marco ! [Rires]
Plus rien du tout ! Alors, comment elle s’appelait cette dame-là, que j’ai vue? Bon, je ne sais plus comment elle s’appelait, mais une dame de Trécon. Alors, c’est une vraie ville ! Attention ! On ne se moque pas ! Et bien, une dame de Trécon qui m’appelle avec un accent comme les cloches du dimanche, [Rires] qui m’a demandé pour refaire les papiers d’identité de son enfant
qui était né à l’étranger. Alors moi, je lui ai dit, tout dépend, où-est ce qu’il a été conçu ? - Mais non Roselyne ! Pas là où il a été conçu, mais là où il est né ! Déjà qu’on ne sait pas toujours qui est le père d’un enfant, alors là, où il a été conçu, comment voulez-vous qu’on le sache ? - Oui, bon, pardon Marco, mais vous savez, la conception ça compte aussi ! Surtout à Trecon !
[Rires] Allez, on enchaîne avec une question suivante. J’ai une Dominique de... Dominique Martin, de Sexfontaines qui m’a contactée, et qui me dit que le fisc a confondu avec Dominique Martin, homme ! Alors, le fisc lui a dit, je ne sais pas, une histoire de, oui, vous savez aujourd’hui, vous êtes homme le matin, femme l’après-midi, alors payez ! Non ! Non, Marco, je m’insurge !
Non, je ne veux pas que les impôts se mêlent de genre ! J’ai envie de dire : qu’ils se mêlent de leurs histoires, ceux-là, non ? Qu’est-ce que vous en pensez, vous ? - Oui ! En fait, d’une certaine manière, on pourrait parler d’usurpation de transidentité, non ? - Oui ! Vous allez arrêter l’humour parce que ça ne vous va pas du tout, Marco ! [Rires] Alors on a une autre question, bien entendu,
de Fabrice à Poil dans le Nièvre. Alors, pas à poil, il n’est pas tout nu ! C’est juste qu’il habite dans une ville qui s’appelle Poil ! Ah c’est rigolo ça ! - Oui, la ville de poil, ça vous va comme un gant aujourd’hui, Roselyne ! - Ah ! Bon allez, on enchaîne ! Et donc, Fabrice nous dit : Roselyne, comment puis-je inspirer les autres, comme Marie CAU,
m’inspire ? Fabrice, inspire par ton, ton authenticité, ton audace, ton éclat. Tu vois, Marie CAU inspire parce qu’elle a transformé sa vie en spectacle de courage universel. Alors, sois sur cette voie-là, Fabrice. D’accord ? Bien, chers amis, il est temps qu’on se quitte. Alors, vous le savez, pour poser vos questions, vos commentaires, c’est HappyGayTV.com. Moi, je vous attends et puis je vous réponds !
Bon, à plus tard… - Et essayez de vous raser Roselyne, la prochaine fois, s’il vous plaît ! Voilà, toi qui nous regardes, si tu veux réagir, poser une question ou partager ton expérience, laisse-nous un message sur la Hot-Line. Il sera publié pour tous les membres du Club. Et si ton commentaire, ta question élargit le débat, on le reprendra bien évidemment dans une prochaine émission de HappyGayTV & You, et tu seras prévenu par mail,
dès que ce sera en ligne. Et tout ça pour la modique somme de 0,00 €. Alors inscris-toi, à tout de suite !
Vos messages sur la Hot-Line
Les membres du Club HappyGayTV ont été prévenus et sollicités par mail pour réagir à cette émission qu’ils ont pu voir en avant-première. Voici leur message laissé sur la Hot-Line. Bonjour Marie, très heureuse de vous poser cette question, aujourd’hui. Je me présente, Céline AVIANI, je suis chanteuse, auteure, compositrice et j’ai sorti il y a quelques mois , le clip de ma chanson : “Un nouveau monde”,
qui parle de harcèlement, de discrimination, du fait de ne pas se sentir à sa place. Et je voulais vous questionner sur ce sujet. Parce qu’en parallèle de ma carrière artistique, je suis CPE dans les établissements scolaires, et on sait que malheureusement, les jeunes transgenres ou issus de la communauté LGBTQIA +, ont plus de risque d’être un jour victimes de harcèlement scolaire ou de harcèlement dans leur vie. Et je voulais savoir, si vous, ça avait été votre cas.
Est-ce que vous en avez été victime et si oui, de quelle manière ça s’est manifesté et comment vous avez réussi à surmonter ça ? En tout cas, au plaisir de vous rencontrer très prochainement et surtout continuez à porter et à véhiculer très, très loin votre voix et ce que vous défendez. Gros bisous. Bonjour Marie !
Bravo pour votre témoignage. Je me demandais si le choix du prénom Marie avait un lien avec votre cheminement spirituel. Sinon, est-ce que cela a été facile pour vous que votre entourage vous appelle Marie, ainsi que pour le changement d’état civil. Bisous. Salut Marie, c’est Greg ! Merci pour votre témoignage. Alors, j’ai une question pour vous.
Vous dites dans cette émission que vous avez financé des opérations par vous-même. Est-ce qu’il est possible de nous dire ce qui est pris en charge et ce qui ne l’est pas, par l’Assurance Maladie ? Voilà ! Merci pour votre réponse, bisous à tous ! Avant de se quitter, toi qui nous regardes, tu as peut-être encore une question, un doute ou juste une pensée à partager sur la transidentité. Alors vas-y, je compte sur toi pour déposer ton message
sur la Hot-Line. Une question, un témoignage, une idée, tout ce que tu veux ! On écoutera tout, et les messages qui font avancer, on les reprendra dans une prochaine émission de l’HappyGayTV & You avec Marie CAU. Et pour suivre tout ça, et ne rien rater, comme tu le sais, abonne-toi au Club HappyGayTV, c’est gratuit, ça prend 30 secondes
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